En France, près d’une cigarette sur deux provient de la contrebande

En 2024, près de 50 % des cigarettes consommées en France proviennent du marché noir.

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En France, près d'une cigarette sur deux provient de la contrebande
En France, près d’une cigarette sur deux provient de la contrebande | journaldeleconomie.fr

En 2024, la France a connu une année exceptionnelle en matière de saisies de tabac de contrebande et de stupéfiants. Ce phénomène inquiétant démontre une augmentation à l’échelle nationale : près d’une cigarette sur deux consommée n’a pas été achetée chez un buraliste. Cette situation pose de sérieux défis sur le plan économique et sanitaire, touchant directement les buralistes et mettant en danger la santé publique.

Des saisies en mode record

Les douanes françaises ont enregistré une montée en flèche dans les saisies de produits interdits en 2024. Les chiffres ne laissent aucun doute : les interceptions de cigarettes de contrebande ont été multipliées par huit par rapport à l’année précédente, et celles des stupéfiants ont quadruplé. Par exemple, la région Centre-Val de Loire a vu la saisie de 12,4 tonnes de tabac illégal – un soutien très important pour les 1100 débits de tabac locaux.

Côté stupéfiants, ce sont 870 kilos saisis, évalués à 2,66 millions d’euros. Un coup d’éclat a été réalisé en mars, quand 30 kilos d’herbe de cannabis ont été découverts dans deux bus venant d’Espagne.

Le trafic par le courrier et le commerce d’espèces protégées

Le trafic par voie postale a lui aussi explosé cette année, avec 143 armes à feu interceptées, comparativement à seulement huit l’année précédente. Parmi ces armes, on a même retrouvé un lance-roquette anti-char lors d’un contrôle en Indre-et-Loire. Outre le tabac contrefait, d’autres produits comme des cosmétiques, des sacs à main et des appareils électroniques sont expédiés illégalement par courrier.

De plus, le commerce illicite d’espèces protégées se fait de l’effet d’un boomerang avec 126 articles confisqués, dont des tigres empaillés et des objets en ivoire.

Les conséquences économiques et les appels à renforcer la lutte

La contrebande pèse lourdement sur l’économie française. En 2023, près de 43 % des cigarettes consommées venaient du marché parallèle, ce qui a provoqué un manque à gagner fiscal estimé à 7,26 milliards d’euros pour l’État. Les buralistes sont également en difficulté. Par exemple, Adrien Kopp, du Bas-Rhin, signale une forte baisse de chiffre d’affaires à cause des ventes illégales.

Face à cette situation, Philippe Coy, président national de la confédération des buralistes, insiste sur la nécessité d’une coopération renforcée entre les forces de police et les douanes pour endiguer ce phénomène. Il plaide aussi pour une harmonisation européenne des règles visant à mieux maîtriser les flux transfrontaliers.

Des consommateurs de plus en plus tentés par le marché noir

Les témoignages recueillis montrent que beaucoup se tournent vers le marché noir ou traversent les frontières pour payer moins cher leurs cigarettes. À Strasbourg, certains admettent acheter leurs cigarettes dans des restaurants ou demander à des amis de leur rapporter des produits depuis l’étranger quand ils en ont l’occasion.

Cette situation est aggravée par une politique fiscale qui est souvent jugée contre-productive. Les nombreux rehaussements des taxes sur le tabac n’ont fait qu’encourager le développement du marché parallèle sans réduire nettement le nombre de fumeurs.

Avec l’ampleur du phénomène, il faut une approche diversifiée, inspirée par des exemples étrangers comme le Royaume-Uni ou l’Italie. Ces pays ont mis en place des stratégies variées au-delà de la simple hausse fiscale et enregistrent déjà une baisse marquée du nombre de fumeurs grâce à ces mesures innovantes.

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