Un traitement adapté aux plus petits, jusqu’ici laissés de côté. C’est ce que vient d’annoncer Novartis, après avoir obtenu le feu vert de l’autorité de régulation suisse pour Coartem Baby, une version reformulée de son médicament contre le paludisme, conçue pour les nourrissons pesant entre 2 et 5 kilos.
Novartis : un vide dans l’offre médicale comblé
Jusqu’à aujourd’hui, aucun traitement antipaludique n’était officiellement homologué pour les bébés de moins de 4,5 kilogrammes. Les solutions disponibles étaient réservées aux enfants plus âgés, souvent à partir de six mois, car les nourrissons étaient généralement exclus des essais cliniques.
Conséquence : on utilisait des formulations non adaptées, avec un risque accru de surdosage. Le nouveau médicament de Novartis vient donc combler un manque. Il est soluble, facile à administrer avec du lait maternel, et aromatisé à la cerise, pour en faciliter la prise chez les tout-petits.
Le Coartem Baby a été évalué en collaboration avec huit pays africains : Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Kenya, Malawi, Mozambique, Nigeria, Tanzanie et Ouganda. Chacun d’eux pourrait à son tour autoriser le médicament, via une procédure d’enregistrement accéléré.
Ce traitement a été développé avec le soutien de Medicines for Malaria Venture (MMV), une organisation suisse à but non lucratif spécialisée dans les médicaments antipaludiques. Selon Novartis, 30 millions d’enfants naissent chaque année dans des zones africaines à risque. Et dans certaines régions, jusqu’à 18,4 % des nourrissons de moins de six mois sont touchés par le paludisme.
Une commercialisation sans objectif de profit
Novartis a confirmé que la distribution de Coartem Baby se ferait « sur une base largement non lucrative », afin d’améliorer l’accessibilité dans les pays les plus exposés. Cette démarche s’inscrit dans la continuité de l’accord que le laboratoire a signé en 2011 avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour vendre ses traitements antipaludiques à prix coûtant dans les pays endémiques.
« Aux côtés de nos partenaires, nous sommes fiers d’avoir franchi une étape supplémentaire », a déclaré Vas Narasimhan, directeur général de Novartis, à Reuters le 8 juillet 2025.
Selon l’OMS, le paludisme (ou malaria) a causé 597 000 décès dans le monde en 2023, dont 76 % d’enfants de moins de cinq ans. L’Afrique concentre 95 % des décès liés à cette maladie transmise par les moustiques.
Les vaccins disponibles à ce jour, notamment le RTS,S développé par GSK, ne sont pas autorisés pour les bébés de moins de six mois. D’où l’intérêt stratégique de ce nouveau traitement ciblé. Le Coartem Baby ne remplace pas la prévention, mais il propose enfin une option de prise en charge active pour les plus petits malades.


