En 2023, l’âge moyen des femmes qui ont leur premier enfant en France a atteint 29,1 ans, soit une hausse de cinq ans par rapport à 1974. Cette évolution, observée depuis plusieurs décennies, est le reflet de changements profonds dans la société française. L’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) a récemment confirmé cette tendance dans une étude publiée en juillet 2025, apportant ainsi un éclairage sur les facteurs qui expliquent ce report de la maternité.
Maternité de plus en plus tardive : un changement démographique majeur
L’âge du premier enfant n’a cessé d’augmenter ces dernières décennies. En 1974, les femmes donnaient naissance à leur premier enfant à 24 ans, contre 29,1 ans en 2023, selon l’Insee. Cette augmentation de 5,1 ans est une tendance marquée et continue. La moyenne des mères à la naissance de leur premier enfant était de 28,2 ans en 2013. En parallèle, l’âge moyen des femmes à la naissance du deuxième enfant a également progressé. En 2023, il est de 31,6 ans, soit 4,8 ans de plus qu’en 1967.
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. Le premier est l’allongement des études, avec un accès plus large des femmes à l’enseignement supérieur. L’intégration croissante des femmes dans la vie professionnelle, couplée à une recherche de stabilité financière et professionnelle avant la parentalité, a également contribué à cette évolution. Les méthodes contraceptives, plus accessibles, ont permis de mieux maîtriser la planification familiale.
Des conséquences démographiques à long terme
Cette évolution ne concerne pas uniquement la France. En 2023, l’âge moyen au premier enfant dans les 27 pays de l’Union européenne était de 29,8 ans. Toutefois, des disparités existent. Par exemple, les femmes dans les pays de l’Est, comme la Pologne ou la Lettonie, ont leur premier enfant plus tôt, généralement entre 26,9 et 28,9 ans. À l’opposé, dans des pays comme l’Italie, l’âge moyen atteint 31,8 ans.
Ce recul de l’âge de la maternité a des conséquences importantes sur la structure démographique du pays. Plus l’âge de la première maternité est élevé, plus la probabilité d’avoir plusieurs enfants diminue. Cela a un impact sur la fécondité et contribue au vieillissement de la population. L’indice de fécondité en France, qui représente le nombre moyen d’enfants par femme, est désormais inférieur au seuil de 2,1 enfants par femme, nécessaire au renouvellement des générations.

