Classement des villes : celle-ci décroche le triste record de pauvreté

Saviez-vous qu’à Roubaix, près d’un habitant sur deux vit avec moins de 1 200 euros par mois ?

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Classement des villes : celle-ci décroche le triste record de pauvreté
Classement des villes : celle-ci décroche le triste record de pauvreté © journaldeleconomie.fr

La pauvreté en France reste un sujet complexe qui touche de nombreuses villes, qu’on soit en métropole ou en outre-mer. Un rapport récent de l’Observatoire des Inégalités révèle que certaines villes affichent toujours des taux de pauvreté inquiétants, ce qui met en lumière de fortes disparités économiques au sein de la société française.

Les villes ayant les taux de pauvreté les plus élevés

À Roubaix, dans le Nord, et à Saint-Benoît à La Réunion, on dénombre les taux les plus hauts chez les villes de plus de 20 000 habitants, comme le montre la carte de la pauvreté. Dans ces endroits, près d’un habitant sur deux vit avec moins de 1 200 euros par mois. Ce niveau est jusqu’à trois fois supérieur à la moyenne nationale en France métropolitaine, estimée à 15 % en 2021. On voit là une fracture sociale qui demande une attention immédiate.

À La Réunion, d’autres villes comme Saint-André, Saint-Louis, Saint-Joseph et Le Port présentent aussi des taux de pauvreté élevés, entre 43 % et 44 %, tandis que Le Tampon se situe à environ 38 %. En métropole, plusieurs communes de Seine-Saint-Denis comme La Courneuve, Aubervilliers, Clichy-sous-Bois, ainsi que la ville de Grigny dans l’Essonne, se rapprochent du chiffre de 40 % de leur population vivant en dessous du seuil de pauvreté.

Les grandes villes face aux chiffres

Même les grandes agglomérations françaises ne sont pas épargnées par la précarité économique. Par exemple, Paris compte environ 313 350 personnes pauvres sur ses 1,9 million d’habitants, et Marseille enregistre près de 201 069 personnes en situation de pauvreté. Toulouse recense environ 92 498 personnes pauvres, ce qui montre bien l’ampleur du défi auquel ces métropoles doivent se confronter.

Dans certains quartiers, la situation est encore plus criante. À Marseille, le troisième arrondissement atteint un taux de 52 % de pauvreté. Sur seize arrondissements, dix affichent des taux au-dessus de 20 %, avec trois qui dépassent les 40 %. À Paris, le dix-neuvième arrondissement voit qu’environ 22 % de ses habitants vivent dans la précarité.

Des quartiers où la précarité se concentre

Dans les quartiers prioritaires (QPV), la pauvreté atteint souvent des niveaux extrêmes. Par exemple, à Perpignan, les zones « Bas-Vernet Ancien ZUS » et « Rois De Majorque » affichent près de 75 % de pauvreté. Des secteurs comme Pissevin-Valdegour à Nîmes ou Iranget-Grangette à Béziers affichent des chiffres tout aussi élevés. Ces quartiers rassemblent généralement une population jeune, avec une proportion importante d’étrangers et un faible niveau d’études.

Parfois, jusqu’à la moitié des résidents ont moins de 25 ans et environ 70 % n’ont aucun diplôme (ce qui complique d’autant plus la situation économique et sociale de ces communautés).

Les limites des chiffres et les perceptions des habitants

L’analyse statistique de la pauvreté comporte quelques limites. Par exemple, l’Insee arrondit parfois les taux inférieurs à cinq pour cent pour simplifier la lecture des données. Gif-sur-Yvette affiche donc officiellement un taux minimal qui pourrait être, en réalité, encore plus bas.

Pourtant, malgré ces chiffres préoccupants, l’image de Roubaix change selon les yeux de ceux qui y vivent. Certains mettent en avant son riche patrimoine culturel et sa diversité sociale dynamique. Estelle commente : « C’est pas surprenant… On a juste à se balader dans cette rue-là pour voir la pauvreté. » André, lui, parle du « colisée » en affirmant que c’est « la plus belle salle au nord », tandis que Vanessa remarque que Roubaix est « la ville la plus riche par sa diversité culturelle ».

Ce tableau complexe montre bien que chaque ville se distingue selon des critères précis, qu’il s’agisse du nombre absolu de personnes touchées par la précarité ou du pourcentage de la population concernée, le tout autour d’un seuil de pauvreté qui se situe actuellement à environ douze cent seize euros nets par mois après impôts.

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