Alternance : vers une crise majeure en France ?

Selon l’Insee, la dynamique de l’alternance connaît un net retournement. L’érosion des aides publiques, la réforme du financement de l’apprentissage et le ralentissement global de l’emploi expliquent une contraction forte du nombre de postes. Les conséquences touchent directement les étudiants, les entreprises et le marché du travail.

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Défaillances d'entreprises : 240.000 emplois menacés en 2023
Alternance : vers une crise majeure en France ? © journaldeleconomie.fr

Dans ses dernières notes de conjoncture publiées en juin et septembre 2025, l’Insee met en évidence un recul marqué de l’alternance. Après plusieurs années de progression continue, les postes liés à ce dispositif subissent de plein fouet la combinaison de choix budgétaires et de tendances économiques défavorables.

L’apprentissage délaissé par les politiques publiques

L’Insee relève tout d’abord la baisse progressive des soutiens publics à l’apprentissage, qui avait constitué l’un des principaux moteurs de la hausse des contrats ces dernières années. Le durcissement des politiques de l’emploi se traduit par une diminution des subventions et exonérations, augmentant le coût pour les entreprises et réduisant leur incitation à recruter en alternance.

La réforme entrée en vigueur en juillet 2025 accentue cette tendance. Les entreprises doivent désormais s’acquitter d’une participation forfaitaire de 750 euros pour chaque apprenti préparant un diplôme de niveau licence ou supérieur. L’Insee souligne également que le retournement de l’emploi salarié dans son ensemble, plus de 120 000 postes détruits en deux trimestres, se répercute sur l’alternance, qui concentre près des deux tiers de ces suppressions.

Des conséquences directes pour l’emploi et les étudiants

L’impact immédiat se mesure d’abord en volume d’emplois. L’Insee prévoit que les destructions de postes salariés continueront de s’accroître au second semestre 2025, et que l’alternance constituera la catégorie la plus touchée. Au total, près de 90 000 emplois supplémentaires pourraient disparaître d’ici la fin de l’année, dont une large part d’alternants, ce qui alimente une hausse prévue du chômage à 7,6 % de la population active.

Pour les étudiants, cette contraction rend l’accès à une alternance plus incertain. La raréfaction des contrats limite les possibilités d’acquérir une expérience professionnelle en parallèle de la formation, fragilisant l’insertion des jeunes sur le marché du travail. Du côté des entreprises, le frein au recrutement d’alternants pourrait réduire le renouvellement des compétences et accentuer le déséquilibre générationnel, alors même que l’emploi des seniors continue à progresser.

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