Fiscalité des plus riches : la Fondation IFRAP démonte les idées reçues

Le débat sur la fiscalisation des plus fortunés est relancé en cette rentrée politique. Pour une partie de l’opposition, elle constituerait la solution miracle pour réduire le déficit public et éviter des coupes budgétaires. Plusieurs économistes, souvent issus de l’« école des inégalités », avancent même que le système actuel serait régressif au détriment des ménages les plus aisés.

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Fiscalité des plus riches : la Fondation IFRAP démonte les idées reçues © journaldeleconomie.fr

Mais l’étude, particulièrement précise et fouillée, de la Fondation IFRAP (Lire l’étude complète et détaillée de la Fondation IFRAP) vient battre en brèche ces affirmations. Elle démontre que ce travail n’a plus grand-chose de scientifique : il s’apparente davantage à un militantisme politique utilisant l’autorité universitaire pour imposer des thèses, souvent simplistes, sur la question des inégalités.

Des chiffres clairs contre des slogans trompeurs

En 2022, le taux moyen d’impôts directs (impôt sur le revenu, CSG, CRDS, prélèvements sociaux, taxe foncière, taxe d’habitation, etc.) représente 18,5 % du revenu disponible brut des ménages français. Mais ce chiffre grimpe à 42,1 % pour les 10 % des foyers les plus riches.

En ajoutant les cotisations sociales, la facture monte à 54,2 % pour les plus riches contre 28,4 % pour l’ensemble des ménages. Et en intégrant la TVA et autres impôts indirects, le poids total atteint 66,8 % pour le dernier décile, contre 45,6 % pour la moyenne des Français.

Pour les 1 % les plus riches, le taux d’impôt direct est même de 55,8 %, quasiment stable pour les 0,1 %. Ces données contredisent frontalement l’idée simpliste, largement diffusée dans l’opinion, selon laquelle « les riches ne paient que 2 % d’impôt ». Cette affirmation, reprise en boucle, repose en réalité sur des chiffres détournés et des raisonnements tronqués.

Or, une fois cette « vérité » martelée, le biais est immédiat : si l’on dit à un Français moyen qui paie soi-disant selon les études Pikettistes 50 % de prélèvements alors que les plus riches ne supporteraient que 2 %, comment ne pas s’attendre à ce qu’il soutienne massivement une taxe comme celle proposée par Gabriel Zucman ? 

Une avalanche de projets fiscaux peu crédibles

Malgré cette fiscalité déjà écrasante, de nouvelles propositions affluent : taxe Zucman, retour de l’ISF, taxation des superprofits et des dividendes, prolongation de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) ou encore contribution exceptionnelle sur les bénéfices des entreprises (CEBS).

Mais selon l’IFRAP, ces projets reposent sur des rendements largement surestimés :

  • La taxe Zucman, censée rapporter 20 milliards en visant 1 800 personnes, ne générerait en réalité que 2 à 3 milliards selon le Sénat, avec un risque évident d’inconstitutionnalité.
  • La CDHR, que le gouvernement veut reconduire, rapporterait seulement 1,2 à 1,5 milliard. Or les très hauts revenus, qui ne représentent que 3,6 % des revenus, acquittent déjà près de 15 % de l’impôt sur le revenu.
  • Quant aux patrimoines immobiliers les plus élevés, ils supportent déjà près des deux tiers de l’IFI.

Le risque majeur : fuite des capitaux et des talents

La Fondation alerte sur les dangers d’un tel matraquage fiscal. À force de stigmatiser les hauts revenus et les investisseurs, on prend le risque de les voir s’exiler, entraînant avec eux emplois, entreprises et capitaux.

L’exemple d’une ETI valorisée à 250 millions d’euros est révélateur : la cascade fiscale aboutit déjà à un taux global de 60 %, sans la CDHR et la taxe Zucman. Avec ces deux mesures supplémentaires, ce taux dépasserait les 110 %, un niveau évidemment insupportable pour un chef d’entreprise.

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