Face à la hausse des dépenses de santé qui alourdissent les finances publiques, l’assurance maladie se met en quatre pour rendre les choses plus claires et freiner la fraude. Désormais, chaque assuré recevra un mail tous les dix jours pour lui rappeler les paiements effectués en son nom. L’idée, c’est de montrer aux Français à quoi coûtent vraiment les soins et de les inviter à rester vigilants face aux tentatives de supercherie.
Une communication qui met tout au point
L’assurance maladie a mis en place un système qui envoie un mail à chaque assuré dès qu’une dépense prise en charge via la carte vitale est réalisée. Même si les messages ne détaillent pas le montant dépensé, ils permettent à chacun de se tenir au courant des opérations faites en leur nom. L’objectif est double : sensibiliser sur le vrai coût des soins et lutter contre la fraude en rendant le financement par solidarité nationale plus transparent.
Ce dispositif rappelle aussi que les opérations de santé reposent sur la solidarité financée par les cotisations des salariés et des entreprises. Même si le tiers payant facilite l’accès aux soins, il peut donner l’impression que tout est gratuit. Pourtant, chaque jour, le système de santé français dépense plus de 600 millions d’euros, et sur chaque tranche de 1 000 euros déboursés, 54 euros viennent gonfler le déficit.
La fraude en assurance maladie : un souci qui s’aggrave
En 2024, l’assurance maladie a mis la main sur 628 millions d’euros de fraudes, soit une hausse de 35 % par rapport à l’année précédente. Les professionnels de santé représentent 70 % des fraudes identifiées, alors que les assurés comptent pour 52 % des cas de fraude médicale. Paradoxalement, ce sont ces professionnels qui engendrent 68 % du montant total détourné. Parmi les faux actes médicaux, on retrouve des actes médicaux fictifs et des surfacturations.
Pour illustrer le problème, imaginez un patient qui subit un simple détartrage facturé 40 euros, puis découvre une facturation frauduleuse de 8 000 euros pour des prothèses dentaires qui n’ont jamais été posées. Marc Scholler, directeur délégué chargé de l’audit et des finances à l’assurance maladie, explique : « Avec le tiers payant, des actes fictifs ou surfacturés peuvent être réalisés en votre nom sans que vous le sachiez, car vous ne consultez pas toujours votre relevé en ligne. »
Être vigilant et consulter ses remboursements
Les assurés sont invités à jeter un œil régulier sur leur compte Ameli pour vérifier leurs remboursements. S’ils repèrent quelque chose qui cloche, ils peuvent faire appel à un chatbot ou remplir un formulaire spécifique pour signaler toute anomalie. Dès le premier trimestre 2026, un bouton simple sera ajouté dans la rubrique « Mes paiements » pour faciliter ce signalement en ligne.
Cette démarche fait suite à des initiatives précédentes, comme celle de juin dernier où 500 000 assurés atteints de maladies chroniques ont été contactés afin de vérifier que leur parcours de soins se déroule bien et, si besoin, de les rediriger vers leur médecin traitant.
Vers une vigilance collective
Avec un déficit de la Sécurité sociale qui s’élève à près de 13,8 milliards d’euros, l’assurance maladie espère que cette nouvelle approche participative permettra à chacun de repérer plus facilement les irrégularités. Les assurés n’ont rien de spécial à faire pour valider leurs paiements, mais il leur est demandé de faire preuve d’une vigilance soutenue concernant leurs remboursements.



