Être pauvre en France et en Europe : seuils et profils sociaux

Une étude de la DREES publiée le 24 septembre 2025 dresse un panorama détaillé des inégalités sociales, révélant de fortes disparités entre pays et catégories de ménages.

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Être pauvre en France et en Europe : seuils et profils sociaux © journaldeleconomie.fr

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a publié le 24 septembre 2025 une analyse consacrée aux personnes pauvres et modestes en Europe. Basée sur l’enquête EU-SILC 2022 et portant sur l’année 2021, cette étude éclaire les écarts de revenu et de patrimoine entre ménages et propose une photographie inédite des inégalités sociales dans l’Union européenne. Elle rappelle que le statut de pauvre correspond à un niveau de vie inférieur à 60 % de la médiane nationale, tandis que la catégorie modeste concerne les revenus compris entre 60 et 75 %.

Définir qui est pauvre et qui est modeste en Europe

La DREES précise que le niveau de vie est calculé en tenant compte des revenus disponibles du ménage, ajustés au nombre d’unités de consommation. La première personne adulte compte pour une unité, les autres adultes pour 0,5 et chaque enfant pour 0,3. Ce mode de calcul permet de comparer équitablement la situation des ménages de tailles différentes. « On distingue les personnes pauvres, dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian de leur pays de résidence, et les personnes modestes, entre 60 et 75 % de cette médiane », explique Théodore Bérut, auteur de l’étude .

En moyenne, le seuil de pauvreté dans l’UE-27 s’élevait à 940 euros par mois en standards de pouvoir d’achat (PPA) en 2021. Les écarts sont toutefois considérables : de 530 euros en Roumanie à 1 500 euros au Luxembourg. En France, le seuil de pauvreté est fixé à 1 136 euros PPA et celui de la condition modeste à 1 420 euros.

Un Européen sur six est pauvre et un sur dix modeste

En 2021, 16,9 % de la population de l’Union européenne vivait sous le seuil de pauvreté, tandis que 11,7 % se situaient dans la catégorie modeste. Comme le résume Théodore Bérut : « En 2021, 28,7 % de la population de l’Union européenne à 27 (l’UE-27) est considérée comme pauvre ou modeste ; la France se situe à un niveau proche, avec 26,8 % ».

Les disparités entre pays sont fortes. La Tchéquie affiche le taux de pauvreté le plus faible, avec 8,6 % de sa population, tandis que la Lettonie atteint 23,4 %. Des niveaux supérieurs à 20 % sont observés en Espagne, en Italie, en Roumanie, en Bulgarie ou encore en Estonie. À l’inverse, les pays nordiques se situent autour de 10 %. La part de ménages modestes est, elle, plus homogène : dans tous les pays, entre 10 % et 15 % de la population relève de cette catégorie.

Profils sociaux : familles, chômeurs, immigrés et retraités

L’étude DREES met en évidence que la pauvreté touche davantage certaines catégories sociales. Chez les 25-64 ans, 47 % des chômeurs et 35 % des inactifs sont pauvres, contre seulement 9 % des actifs en emploi et 16 % des retraités.

Les immigrés nés hors de l’Union européenne constituent une population particulièrement exposée : 44 % d’entre eux sont pauvres et 19 % modestes, soit bien plus que les nationaux et les ressortissants d’autres pays européens.

Les retraités, quant à eux, présentent des situations contrastées selon les pays. En moyenne, 16 % des personnes de plus de 65 ans sont pauvres dans l’UE. En France, le taux est bien plus faible : 10,2 % de pauvres et 14,3 % de modestes, ce qui place le pays parmi ceux où les retraités sont le mieux protégés.

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