Bonne nouvelle, la France a enfin trouvé la solution à cinquante ans d’endettement, d’excès de dépenses et de croissance atone : un impôt sur les holdings, ces créatures mythiques que l’on imagine remplies de milliardaires dormant sur des piscines de billets. Plus besoin de réformer l’État, de simplifier le droit ou de soutenir l’investissement, il suffit de secouer les riches comme un prunier et l’argent tombera du ciel, c’est scientifique puisque dit par un professeur télévisé qui aligne des chiffres en confondant impôt sur les sociétés et impôt sur le revenu, comme cela tout le monde est perdu sauf lui. Les parlementaires, ravis, foncent sans réfléchir puisqu’ils n’ont jamais mis un pied dans une entreprise, hormis peut-être lors d’une visite de campagne avec casque de chantier flambant neuf et gilet jaune parfaitement repassé. Ils découvrent donc la holding, cet objet non identifié, qui sert apparemment à « optimiser » parce que dans leur logiciel mental, quiconque investit dans un projet plutôt que de tout dépenser immédiatement doit forcément cacher quelque chose. Pendant ce temps, la dette poursuit sa petite vie tranquille, grimpe, enfle, galope, mais elle n’intéresse personne puisqu’elle ne permet pas de faire une bonne séquence sur Twitter en dénonçant « les ultra-riches qui ruinent la République ». La politique française, c’est devenu l’art d’agiter des idées simples pour régler des problèmes complexes, avec au passage une petite pointe de jalousie et beaucoup d’inculture économique, parce qu’accuser ceux qui créent la richesse est tellement plus confortable que d’admettre sa propre incapacité à la produire.
Taxe Zucman : la baguette magique de l’économie française


