Quand un député franchit la ligne rouge en mettant une cible dans le dos de journalistes

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Chatgpt Image 25 Nov. 2025 à 18 16 23
Quand un député franchit la ligne rouge en mettant une cible dans le dos de journalistes | journaldeleconomie.fr

Il y a des moments où l’on cesse de parler politique, où l’on arrête le petit théâtre habituel de l’indignation heureuse, des postures et des opinions qui s’entrechoquent sans jamais sortir du cadre républicain. Et puis il y a ce que vient de faire Paul Vannier député LFI. Là, on n’est plus dans le registre du débat d’idées que ce soit LFI ou un autre parti n’a aucune importance. On n’est plus dans le clash de plateaux TV. On n’est plus dans la surenchère de slogans. Non. Là, on bascule dans quelque chose de beaucoup plus grave : un député de la République qui expose des journalistes en publiant leur adresse de leur rédaction, en surlignant leur lieu de travail, comme on plante une cible dans le dos de quelqu’un. Que ce soit volontaire ou non, et je laisse chacun juger, l’acte parle pour lui, ce n’est pas une erreur c’est une faute. Une faute grave. Une faute impardonnable. Une faute qui renvoie ce pays à ses pires cauchemars récents. On ne peut pas s’amuser avec ça. On ne peut pas balancer une adresse dans le contexte français de 2025 comme un gamin balance une blague douteuse sur Internet. Ce n’est pas un jeu. Ce n’est plus un jeu depuis longtemps. Depuis janvier 2015, depuis les locaux de Charlie Hebdo criblés de balles, depuis les cris, depuis le sang, depuis les morts. Ce n’est plus un jeu depuis qu’un professeur s’est fait décapiter pour avoir fait son métier, celui de transmettre un savoir, Samuel Paty, souvenez-vous. Alors oui, quand un élu de la Nation, payé par nos impôts, censé protéger les libertés fondamentales, publie l’adresse d’une rédaction travaillant sur l’islamisme, dans un contexte de tension maximale, il ne joue pas avec des tweets. Il joue avec le feu. Avec des vies humaines. Et ne venez pas me dire que « ce n’était pas voulu ». L’irresponsabilité n’est pas excusable parce qu’elle serait involontaire. L’irresponsabilité en politique est un manquement absolu. Résultat : des journalistes obligés de se mettre en télétravail dans l’urgence. Une rédaction qui alerte le ministère de l’Intérieur. Une cinquantaine de députés, de tous bords, qui signalent les faits au procureur de la République pour mise en danger de la vie d’autrui, voire incitation au meurtre. On en est là. Et que personne ne vienne enfumer le débat avec des « oui mais l’Ifop », « oui mais le sondage », « oui mais la méthodologie ». À ce stade, on s’en fiche. Le sujet n’est pas statistique. Il n’est même plus politique. Il est moral. Fondamental. Civilisationnel. Dans ce pays, après Charlie Hebdo, après l’Hyper Cacher, après l’assassinat de Samuel Paty, il y a une règle sacrée : on ne joue pas avec la vie des journalistes, des profs, de qui que ce soit, des cibles des fanatiques. Jamais. Qu’un député insoumis oublie cette règle et s’autorise ce geste délirant est une honte. Une trahison. Une claque donnée à tout ce que la République a appris dans la douleur. Qu’il soit de LFI, du PS, du RN ou de n’importe quel parti ne change rien. Ce n’est pas une histoire de gauche ou de droite. C’est une histoire de responsabilité élémentaire de chacun. Et quand un élu franchit cette frontière, il ne mérite plus d’être excusé. Il mérite d’être rappelé très fermement à ce qu’il n’aurait jamais dû oublier : on ne joue pas avec la vie des autres. Pas même pour un tweet. Pas même pour un sondage. Pas même pour flatter sa petite armée militante. On ne joue pas. Jamais.

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