Doctolib investit 20 millions d’euros dans un laboratoire d’IA médicale

Doctolib annonce la création d’un laboratoire d’intelligence artificielle clinique et un investissement de 20 millions d’euros. L’objectif : développer des outils d’assistance médicale fiables, conçus avec des chercheurs et des hôpitaux européens. Une initiative qui vise autant l’efficacité des soins que la confiance des patients.

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Le futur laboratoire d’IA clinique de Doctolib sera développé en partenariat avec des instituts de recherche français et allemands. | journaldeleconomie.fr

Doctolib franchit un cap stratégique avec le lancement d’un laboratoire d’intelligence artificielle dédié à la pratique clinique. En s’alliant à des acteurs majeurs de la recherche publique, la plateforme de santé entend structurer une approche européenne de l’IA médicale, centrée sur la sécurité, la validation scientifique et l’utilité concrète pour les soignants comme pour les patients.

Doctolib : une IA pensée pour le quotidien des patients et des médecins

Depuis sa création en 2013, Doctolib s’est imposée comme un acteur incontournable de la prise de rendez-vous en ligne et des logiciels médicaux en Europe. Mais la promesse affichée aujourd’hui dépasse largement l’agenda numérique. Avec la mise en place d’un laboratoire d’IA clinique, l’entreprise veut concevoir des outils capables d’accompagner plus finement la consultation médicale.

Dans son communiqué, Doctolib explique vouloir développer « des systèmes d’intelligence artificielle conçus avec et pour les soignants », afin de répondre aux besoins concrets du terrain. L’idée n’est pas de proposer un simple assistant conversationnel, mais d’intégrer des fonctionnalités capables d’aider à structurer un dossier patient, préparer une consultation ou synthétiser des informations médicales complexes.

Pour les patients, cela pourrait se traduire par un suivi plus fluide, des comptes rendus plus clairs et une meilleure coordination des soins. Pour les praticiens, l’enjeu est ailleurs : alléger la charge administrative qui réduit le temps consacré à l’écoute et au diagnostic.

Le président et cofondateur de Doctolib, Stanislas Niox-Chateau, insiste sur la nécessité d’un haut niveau d’exigence : « L’assistance médicale ne sera proposée que lorsque le niveau de confiance est suffisant », peut-on lire dans la communication de l’entreprise. Une manière de répondre par avance aux critiques récurrentes sur la fiabilité des modèles d’IA générative.

Des partenariats scientifiques pour encadrer l’innovation

Pour crédibiliser son projet, Doctolib s’appuie sur plusieurs institutions de recherche de premier plan : l’Inserm, l’Inria, le CHU de Nantes ainsi que le centre allemand DFKI.

Cette coopération vise à garantir que les modèles développés reposent sur des connaissances médicales validées et non sur des données approximatives issues du web. « Nous voulons construire des outils ancrés dans la recherche clinique », rapporte l’entreprise, en mettant en avant l’encadrement scientifique du projet.

Le laboratoire sera implanté entre Paris, Nantes et Berlin, illustrant une ambition européenne assumée. Dans un contexte où les grands groupes technologiques américains investissent massivement le champ de l’IA en santé, Doctolib met en avant une approche alignée avec les standards réglementaires européens, notamment en matière de protection des données sensibles.

20 millions d’euros pour structurer la stratégie IA

L’entreprise annonce un investissement de 20 millions d’euros pour 2026 afin de lancer et structurer ce laboratoire. Cette enveloppe doit financer le recrutement d’ingénieurs, de chercheurs et de spécialistes médicaux, ainsi que le développement de modèles spécifiques à certaines disciplines.

Doctolib n’en est pas à son premier pas dans ce domaine. Depuis 2024, la plateforme déploie un assistant de consultation capable d’analyser, avec l’accord des utilisateurs, les échanges entre médecin et patient afin de générer automatiquement une synthèse intégrée au dossier médical. Selon l’entreprise, ces outils permettent de réduire significativement le temps consacré à la rédaction des comptes rendus.

Avec le nouveau laboratoire, l’objectif est d’aller plus loin : améliorer la préparation des consultations, faciliter l’analyse d’informations médicales volumineuses et optimiser la coordination entre professionnels de santé.

Une question de confiance pour le grand public

Si la dimension technologique est centrale, la réussite du projet dépendra surtout de l’acceptation par les patients. L’intelligence artificielle appliquée à la santé soulève des interrogations légitimes sur la confidentialité des données, la responsabilité en cas d’erreur et la place de l’humain dans la décision médicale.

Doctolib affirme que les données de santé resteront strictement protégées et utilisées dans un cadre conforme aux réglementations en vigueur. L’entreprise insiste également sur le fait que les outils développés ont vocation à assister les professionnels, et non à se substituer à leur jugement.

Pour les patients, la promesse est celle d’un parcours de soins plus lisible et plus fluide. Pour les médecins, celle d’un temps médical préservé. Reste à démontrer que l’IA pourra répondre à ces attentes sans fragiliser la relation de confiance qui fonde l’acte médical.

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