Épargne : janvier 2026, un mois noir pour les livrets réglementés

Les épargnants ont retiré plus qu’ils n’ont déposé sur les livrets réglementés au cours du mois de janvier 2026.

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Janvier 2026 restera dans les annales de l’épargne en France. Pour la première fois depuis de nombreuses années, les livrets réglementés affichent des chiffres qui rompent avec les tendances observées depuis la grande crise financière : une décollecte significative sur le Livret A et le LDDS, et un bilan global des livrets dits “protégés” bien plus terne qu’attendu en début d’année.

Un début d’année marqué par une décollecte nette des livrets réglementés

Le mois de janvier 2026 s’est traduit par une décollecte cumulée de -2,27 milliards d’euros sur les deux principaux livrets d’épargne réglementés — le Livret A et le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS). C’est une donnée rare qui vient contrarier la mécanique habituelle de ces produits, traditionnellement utilisés comme “réceptacle” d’épargne sécurisée en début d’année.

Sur ce total :

  • Le Livret A, produit d’épargne le plus populaire en France, affiche une sortie nette de 1,87 milliard d’euros.
  • Le LDDS, souvent considéré comme un produit complémentaire et légèrement moins utilisé que le Livret A, accuse une décollecte de 400 millions d’euros.

Ces mouvements combinés donnent une claire indication : les épargnants ont retiré plus qu’ils n’ont déposé sur ces livrets au cours du mois de janvier, ce qui est remarquable pour un mois historiquement positif.

Les Français ont plus de 600 milliards d’euros de bas de laine

Malgré cette décollecte, la base d’épargne détenue sur ces produits reste très substantielle. Selon la Caisse des Dépôts, l’encours total combiné du Livret A et du LDDS s’établissait à 613,0 milliards d’euros à la fin janvier 2026.

Ce chiffre figure encore parmi les plus élevés observés depuis plusieurs années, mais il reflète également une légère retombée par rapport aux niveaux antérieurs : après avoir connu des accumulations importantes au cours des périodes d’incertitude économique, ces produits semblent, pour la première fois depuis longtemps, entrer dans une phase de neutralisation voire de contraction. En cause : la baisse de leur rendement annuel, alors qu’en parallèle les contrats d’assurance-vie affichent des taux d’intérêts inédits depuis des années.

Le Livret d’Épargne Populaire résiste mais sans éclat

Le Livret d’Épargne Populaire (LEP), produit destiné aux ménages à revenus modestes, livre une image contrastée. Là où le Livret A et le LDDS montrent des chiffres négatifs sur leurs collectes du début d’année, le LEP affiche une collecte légèrement positive, de 2 millions d’euros en janvier 2026.

Cette modeste progression indique que le LEP garde une attractivité relative parmi les profils d’épargnants les plus sensibles à la sécurité des fonds et à la fiscalité avantageuse de ce livret. L’encours total du LEP atteint 83,8 milliards d’euros à fin janvier 2026, ce qui confirme son rôle de produit d’épargne significatif pour une frange importante de la population française.

Ce que disent les chiffres : un changement de cycle ?

Les mouvements enregistrés en janvier 2026 suggèrent que les comportements d’épargne peuvent être en train d’évoluer, même pour des produits aussi ancrés dans le paysage financier français que le Livret A ou le LDDS. Traditionnellement perçus comme des refuges sûrs pour l’épargne de précaution, ces livrets avaient, au fil des années, bénéficié d’une croissance régulière de leurs encours, alimentée tant par les apports nouveaux que par le cumul des intérêts. Or, les données de la Caisse des Dépôts montrent que les dépôts n’ont pas suffi à compenser les retraits au mois de janvier.

Même si les encours restent très importants — et continuent de refléter la place dominante de ces produits dans l’épargne des Français — l’évolution du premier mois de l’année 2026 introduit une nuance. Elle pose la question d’une éventuelle redistribution des flux d’épargne vers d’autres instruments, et invite à observer de près les prochains mois pour savoir si cette tendance est ponctuelle ou le signe d’un changement plus durable.

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