Attaqué pour surpêche, le “loup” d’Intermarché gagne face à l’ONG Bloom

Intermarché a remporté une victoire inattendue face à Bloom, mais la polémique sur la surpêche n’est pas totalement réglée.

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Attaqué pour surpêche, le “loup” d’Intermarché gagne face à l’ONG Bloom
Attaqué pour surpêche, le “loup” d’Intermarché gagne face à l’ONG Bloom | journaldeleconomie.fr

Un verdict est tombé et met fin à un débat épineux autour de l’éthique publicitaire. Intermarché a remporté une victoire face à Bloom, l’ONG de défense des océans, après que le jury de déontologie publicitaire a jugé la publicité de Noël conforme aux standards éthiques. Cette pub, qui avait fait un « carton mondial », montrait un loup dans un conte de Noël et avait suscité un fort engagement mais aussi des critiques sur la scène environnementale actuelle.

Une pub de Noël qui a cartonné

La publicité de Noël d’Intermarché, lancée le 6 décembre 2025, a rapidement fait le tour du monde. Le spot, diffusé par la chaîne de supermarchés, raconte l’histoire d’un loup végétarien qui renonce à manger d’autres animaux, tout en continuant à consommer du poisson. C’est justement cet élément qui a déclenché les critiques virulentes de Bloom. L’ONG, active depuis plus de vingt ans dans la lutte contre la surpêche industrielle, a saisi l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) fin décembre, accusant la publicité de minimiser les effets de la surpêche et de semer la confusion entre végétarisme et consommation de poisson.

Les arguments et les protagonistes

L’ONG Bloom a avancé plusieurs reproches pour étayer sa saisie. Elle a affirmé que le film « invisibilisait le statut des poissons en tant qu’animaux sensibles », et que l’injonction à « manger du poisson » était « tacite » et « malhonnête ». Ces critiques ont remis sur le devant de la scène la question de l’éthique alimentaire et environnementale. Intermarché, de son côté, a répondu que le poisson avait « une place marginale dans le récit », en insistant sur le fait que la publicité ne faisait la promotion d’aucun régime alimentaire précis.

D’après Le Figaro, le jury de déontologie publicitaire a estimé que les arguments de l’ONG relevaient plus du débat idéologique que d’un manquement déontologique. Les juges ont noté que la campagne ne comportait aucune allégation environnementale, ni explicite ni implicite, et que les scènes de pêche faisaient partie de « l’univers fictionnel du conte ».

Ce que change le verdict

Cette décision rassure Intermarché et tout le secteur publicitaire. Le jury a souligné que la publicité respectait les recommandations de l’ARPP en matière de « Développement durable » et « Enfant », et que le message publicitaire était clairement identifiable. La décision a aussi tracé une séparation nette entre régulation publicitaire et polémique militante.

Malgré le verdict, Bloom peut saisir le réviseur pour contester la décision dans un délai de quinze jours. Cette possibilité laisse la porte ouverte à une poursuite du débat et montre à quel point les campagnes publicitaires sont maintenant observées sous l’angle environnemental.

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