Trois Français sur quatre laissent en moyenne 6 jours de congés inutilisés : que deviennent ces jours perdus ?

6 jours de congé perdus, 25 % seulement des Français posent tous leurs droits, alors que l’Allemagne dépasse 40 %. Le 26 décembre, jour le plus chômé de l’année, révèle un paradoxe bien français à comprendre.

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Trois Français sur quatre laissent en moyenne 6 jours de congés inutilisés : que deviennent ces jours perdus ?
Trois Français sur quatre laissent en moyenne 6 jours de congés inutilisés : que deviennent ces jours perdus ? © journaldeleconomie.fr

Maxime Hoff, directeur commercial et porte-parole de la plateforme de gestion RH Deel en France, résume que la France illustre un paradoxe que l’on retrouve rarement ailleurs : un pays parmi les plus généreux en droits, mais l’un des moins efficaces dans leur utilisation, six jours laissés sur la table en moyenne chaque année.

Le constat s’appuie sur une étude portant sur près de 160 000 demandes de congés validées. La France arrive en tête sur deux tableaux à la fois : c’est le pays où les salariés disposent du plus grand nombre de jours de repos, 34 jours en médiane RTT inclus, alors que le minimum légal est de 25 jours.

Et c’est aussi celui où le taux d’utilisation est le plus faible de toute l’enquête : seul 1 salarié sur 4 consomme l’intégralité de ses droits, rapporte BFMTV. Résultat, 6 journées de congé par personne restent chaque année sur la table.

L’Allemagne et la Norvège posent presque tous leurs jours

Ce taux de 25 % place la France à égalité avec la Finlande, la moins bonne élève avec elle. À l’inverse, la moitié des salariés norvégiens et britanniques posent l’ensemble de leurs congés, un taux qui atteint aussi 40 à 50 % en Pologne.

L’Allemagne dépasse les 40 % d’utilisation intégrale, quand les Français posent en médiane 28 jours sur leurs 34 accordés. À titre de comparaison, les Suédois et les Britanniques posent 24 jours, les Américains 16, les Canadiens 11.

Le Canada, avec seulement 15 jours de repos annuels, voit moins de 20 % de ses salariés épuiser leurs droits. Le Mexique, dont le volume de congés est également faible, fait bien mieux avec 45 % d’utilisation intégrale. Sur un socle comparable d’environ 25 jours accordés, les écarts restent marqués : plus de 45 % des salariés norvégiens, britanniques et polonais posent la totalité de leurs vacances, contre un peu plus de 35 % au Danemark et en Espagne, et moins de 30 % aux Pays-Bas et en Italie.

Un pic concentré sur le 14 août, mais Noël vide davantage les bureaux

Le comportement français est qualifié d’extrêmement concentré par l’étude. Près de 40 % des salariés sont absents le 14 août, veille de l’Assomption. En Allemagne, les vacances restent estivales mais bien plus étalées, avec un pic beaucoup plus faible, entre 10 et 20 % d’absents simultanément.

Aux États-Unis, juillet devance légèrement août, sans véritable pic, les congés étant très répartis dans l’année. Au Canada, la logique ressemble à celle des Américains, à l’exception d’une pointe le 30 juin, à la veille de la fête du Canada.

Contrairement à l’idée reçue d’un été qui viderait les bureaux, c’est la semaine de Noël qui provoque le pic d’absences le plus fort. En France, le 26 décembre reste la journée la plus chômée de l’année : 56 % des salariés sont absents ce jour-là, un taux supérieur à celui du 14 août.

Sur les 23 pays étudiés pour cette partie de l’enquête, 22 ont leur journée de congé la plus demandée durant la dernière semaine de décembre. Seule l’Arménie fait exception, avec un pic d’absences le 7 août.

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