Le démonstrateur X1 de l’avionneur Heart Aerospace a effectué son premier vol piloté le mercredi 12 août 2026. L’appareil, propulsé uniquement par ses batteries, est resté en l’air pendant 27 minutes après avoir décollé de la piste de Plattsburgh, dans l’État de New York, rapporte Clubic.
Heart Aerospace en fait le plus grand avion entièrement électrique jamais volé. Pendant le vol, les quatre moteurs de l’appareil ont délivré plus d’un mégawatt de puissance, et le X1 a grimpé jusqu’à environ 335 mètres d’altitude. Le programme a permis d’enchaîner roulage, décollage, montée, plusieurs manœuvres et atterrissage, sous un certificat expérimental délivré par la FAA, l’administration américaine de l’aviation civile.
L’appareil affiche une envergure de 32,3 mètres pour une masse au décollage dépassant 11,3 tonnes. Selon Heart Aerospace, le vol n’aurait consommé qu’environ 5 dollars d’électricité, un montant qui ne prend en compte ni le coût des batteries, ni celui des infrastructures, ni celui de la maintenance. Aucun passager ne se trouvait à bord : l’objectif était de valider l’aérodynamique, la propulsion et l’intégration des systèmes de l’appareil.
L’ES-30, un avion hybride de 30 places prévu pour 2031
Le X1 n’est pas destiné au transport commercial. Il sert de banc d’essai avant le développement de l’ES-30, un avion régional hybride de 30 places que Heart Aerospace veut mettre en service commercial en 2031. Contrairement au X1, l’ES-30 ne sera pas entièrement électrique : le constructeur annonce une autonomie d’environ 200 kilomètres en mode tout-électrique, 400 kilomètres en hybride avec 30 passagers, et jusqu’à 800 kilomètres avec 25 passagers.
Un premier exemplaire de présérie est en construction à Los Angeles, avec des essais en vol prévus dès 2028. United Airlines, Air Canada et la compagnie JSX ont manifesté leur intérêt pour l’appareil.
Anders Forslund, fondateur et PDG de Heart Aerospace, a résumé la portée du vol en indiquant qu’avec le premier vol du X1, Heart Aerospace a fait la démonstration de la viabilité du vol électrique à l’échelle d’un avion de ligne commercial.
Le tout-électrique bute encore sur la densité des batteries
Ce choix de l’hybridation n’a rien d’anecdotique. À masse égale, le kérosène stocke plusieurs dizaines de fois plus d’énergie que les batteries actuelles, et il s’allège au fil de la consommation, contrairement à ces dernières qui gardent leur poids jusqu’à l’atterrissage.
L’hybridation reste, à court terme, le compromis privilégié pour conserver autonomie, capacité passagers et réserves de sécurité, tout en profitant du bruit mécanique réduit des moteurs électriques sur les liaisons régionales courtes, souvent opérées depuis des aéroports proches des zones habitées.
Heart Aerospace n’est pas seul sur ce terrain. En France, Aura Aero développe l’ERA, un appareil hybride-électrique de 19 places dont le premier vol est annoncé pour 2027, avec une commercialisation avant 2030. Aux États-Unis, Electra vise une mise en service de son EL9 (9 places) entre 2029 et 2030. L’Alice d’Eviation, elle, entièrement électrique, a vu son développement mis en pause en 2025 faute de financements.
Airbus et Boeing avancent sur des technologies proches sans concurrent direct de l’ES-30 à leur catalogue. Airbus a testé l’hybridation avec le programme EcoPulse et poursuit ses travaux via le programme LEIA, tandis qu’ATR, détenu par Airbus et Leonardo, vise un premier vol hybride-électrique de l’ATR 72-600 avant 2030. Boeing, pour sa part, privilégie les partenariats : la société soutient EVIO et son futur appareil hybride de 76 places, attendu au début des années 2030.






