Airbus a annoncé un changement de cap majeur concernant son projet d’avion à hydrogène, ZEROe, qui devait initialement voir le jour en 2035. Confronté à des difficultés liées aux infrastructures et aux investissements nécessaires, l’avionneur reporte indéfiniment l’entrée en service de cet appareil, sans fixer de nouvelle échéance.
Une réduction de budget chez Airbus
La décision annoncée aux salariés s’accompagne d’une baisse de 25 % du budget alloué au projet, selon le syndicat FO. Parmi les conséquences immédiates, Airbus met fin au développement du moteur à pile à combustible hydrogène, qui devait être testé sur un A380 dès cette année. D’autres sous-projets sont également stoppés, alimentant les inquiétudes des syndicats quant à d’éventuelles conséquences sociales.
Toutefois, Airbus assure que le projet n’est pas abandonné, mais simplement reporté à une date ultérieure. « Nous sommes déterminés à atteindre notre objectif de mettre sur le marché un avion à hydrogène commercialement viable », affirme l’entreprise dans un communiqué. Mais l’avionneur souligne que l’essor de cette technologie repose sur la mise en place d’un véritable écosystème de production et de distribution d’hydrogène vert, qui n’est pas encore au rendez-vous.
Le PDG d’Airbus, Guillaume Faury, avait dès 2022 alerté sur le fait que le lancement d’un premier avion à hydrogène dépendrait de la disponibilité d’une production suffisante d’hydrogène vert en Europe. « Si entre 2027 et 2028, au moment de décider de lancer ou non un avion à hydrogène, nous n’avons pas acquis la certitude qu’il y aura assez d’hydrogène disponible pour une entrée en service en 2035, ce serait une raison de retarder le lancement du programme », avait-il expliqué.
Un retard lié aux infrastructures et aux financements
Aujourd’hui, les faits semblent lui donner raison. Les projets de production d’hydrogène sont au point mort en France, en attente de clarification sur les financements publics. Airbus constate que « les développements récents montrent que les progrès sur les éléments indispensables à cette transition sont plus lents que prévu ».
Selon des informations internes, le projet pourrait être décalé de cinq à dix ans, soit bien après la mise en service du futur successeur de l’A320, qui fonctionnera avec un mélange de carburants d’aviation durable et de kérosène. Airbus confirme ainsi sa volonté d’investir en priorité dans cette alternative, qui permet de réduire l’empreinte carbone des vols sans en éliminer totalement les émissions.
« Si l’hydrogène est appelé à jouer un rôle croissant pour l’aviation dans la seconde moitié de ce siècle, sa contribution aux objectifs de décarbonation pour 2050 viendra en complément d’autres solutions », estime l’avionneur. Il mise notamment sur les carburants aériens durables pour accompagner la transition du secteur vers une aviation plus respectueuse de l’environnement.
