Le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil a annoncé, mercredi 26 août 2026, l’abandon du projet visant à taxer les boissons sans sucre comme le Coca-Cola Zero, rapporte BFMTV. L’annonce a été faite devant la presse à l’issue d’un séminaire gouvernemental organisé à Neuhardenberg, à l’est de Berlin.
« En tant que ministre des Finances, je ne présenterai pas une taxe qui imposerait les boissons sans sucre », a déclaré le responsable social-démocrate. Il a ajouté, sans détour, qu’il trouvait cela absurde, pour parler franchement.
Le revirement fait suite à une polémique déclenchée par la divulgation, la veille, de documents préparés par le ministère des Finances. Ces plans envisageaient d’élargir la future taxe sur les boissons sucrées à un éventail bien plus large de produits : sodas édulcorés, certaines boissons lactées aromatisées, mais aussi vins et bières sans alcool.
Le barème prévu s’établissait entre 26 et 38 centimes par litre selon la teneur en sucre, pour des recettes attendues comprises entre 2 et 4 milliards d’euros par an, un montant bien supérieur aux 650 millions d’euros initialement envisagés par la coalition gouvernementale. Mardi soir, une version amendée du texte avait déjà retiré certains produits de la liste, mais maintenait la taxation des boissons édulcorées.
Des représentants du monde économique, ainsi que des responsables conservateurs de la CDU, ont accusé Klingbeil de vouloir se servir de cette taxe avant tout pour consolider les finances publiques, plutôt que comme un outil de santé publique. Le ministre a préféré évoquer une simple réflexion interne, en assurant que les boissons sans sucre resteraient hors du champ du dispositif.
L’épisode a une saveur particulière. Réputé, selon la presse allemande, amateur de Coca-Cola Zero, Lars Klingbeil avait déjà affiché son opposition personnelle sur Instagram, la veille de son annonce officielle, par un message sans ambiguïté : « Une taxe sur le Zero ? … NON ! »
L’Allemagne n’abandonne pas pour autant l’idée d’une taxe sur les boissons sucrées. Le dispositif doit toujours entrer en vigueur à partir de 2027, avec pour objectif de dégager des recettes supplémentaires pour le système public de santé, confronté à des difficultés financières croissantes. Les modalités précises du prélèvement restent en cours d’élaboration.




