L’Italie prépare une amende de 75 euros pour les piétons qui utilisent leur smartphone en traversant la rue. Cette réforme du Code de la route, soumise aux associations jusqu’au 13 septembre 2026, vise à responsabiliser les usagers face au phénomène des « smombies », ces piétons absorbés par leur écran au risque de provoquer des accidents.
Ce que l’Italie veut interdire
Le texte interdit l’utilisation d’appareils tels que smartphones, ordinateurs portables et tablettes lorsque le piéton est sur la chaussée, que ce soit sur les passages cloutés ou en dehors. Selon le projet de réforme, il s’agit d’éviter que les piétons distraits ne créent des dangers pour eux-mêmes et les automobilistes. Cette mesure fait partie d’une refonte plus large du Code de la route, qui simplifie le système en réduisant le nombre d’amendes de 82 à 21.
Les trottoirs ne sont pas concernés par cette interdiction. Sur ces zones, l’usage du téléphone reste libre. Cependant, dès qu’un piéton s’engage sur la chaussée, il doit ranger son appareil. Toutes les utilisations du smartphone ne sont pas sanctionnées. Le mode mains libres et les écouteurs sont autorisés, à condition de maintenir une bonne audition. En cas d’urgence, appeler les secours reste possible.
Le phénomène des smombies
Le terme « smombie », issu de smartphone et zombie, décrit les piétons captivés par leur écran traversant sans attention. Ce comportement à risque se multiplie dans les villes italiennes. Roberto Merli, président de l’association Condividere la strada della Vita, soutient cette mesure : « Le piéton doit respecter les règles de la route et protéger sa vie. Il ne doit pas utiliser son téléphone en marchant. L’initiative du gouvernement est le minimum nécessaire. »
Cette réforme s’appuie sur une évolution jurisprudentielle. En 2023, la Cour de Cassation italienne a précisé que la responsabilité du conducteur peut être exclue si le comportement du piéton est imprévisible. Selon Roberto Merli, cette approche protège aussi les automobilistes : « Un conducteur qui renverse un piéton distrait par son téléphone ne devrait pas porter la culpabilité d’un tel accident. »
Application et coût de la mesure
L’amende pour infraction s’élève à 75 euros. La réforme propose une réduction de 30 % si l’amende est payée dans les cinq jours suivant la verbalisation, une mesure visant à accélérer les paiements. De plus, l’indexation des amendes sur l’inflation ne se fera qu’à partir d’un seuil de 5 %, au lieu d’un ajustement automatique tous les deux ans.
En plus de l’amende, le texte impose aux piétons de nouvelles obligations comportementales. Avant de traverser, ils doivent s’assurer que les conducteurs les ont vus et se préparent à s’arrêter. Les mouvements brusques et les changements de trajectoire sont interdits sauf en cas de nécessité. Cette responsabilisation mutuelle change la donne : la sécurité routière devient une responsabilité partagée entre piétons et automobilistes.




