Selon une étude de la plateforme française Orka.tax, qui accompagne les propriétaires dans la vérification et la contestation de leur taxe foncière, 87 % des avis reçus par les contribuables seraient surévalués. L’analyse porte sur 1 351 avis transmis par des utilisateurs de la plateforme, avec une surévaluation moyenne chiffrée à 260 euros.
Orka.tax a été lancée en 2025 par Manon Bellin et Gary Cahn, deux avocats au barreau de Paris. La plateforme permet à ses utilisateurs de vérifier si le montant demandé par le fisc est justifié, et propose de déléguer les démarches de vérification et de contestation pour ceux qui le souhaitent.
Des mètres carrés fictifs qui restent sur la facture
La cause identifiée par l’étude tient à un mauvais calcul de la valeur locative cadastrale, la base sur laquelle repose l’impôt. Cette valeur correspond, selon le site des impôts, au loyer théorique annuel que le bien pourrait produire s’il était loué dans des conditions normales.
Elle ne dépend pas uniquement de la surface réelle du logement : des mètres carrés fictifs s’y ajoutent selon la présence d’éléments de confort comme l’électricité, l’eau courante, une douche ou une baignoire, des WC, ou encore un système de chauffage ou de climatisation.
Le barème est précis. Une baignoire vaut 5 m² supplémentaires, un lavabo 3 m², un chauffage ou un climatiseur 2 m² par pièce équipée. Ainsi, une maison de 95 m² dotée de la plupart de ces équipements peut voir sa surface pondérée grimper à 120 m², voire davantage, pour le calcul de l’impôt.
Le problème survient quand des travaux modifient le logement sans que le fisc en soit informé. Le remplacement d’une baignoire par une douche ou le retrait d’un lavabo dans une chambre, par exemple, laisse subsister des mètres carrés fictifs qui n’ont plus lieu d’être.
L’erreur peut ainsi se répéter d’année en année, et gonfler la facture sans que le propriétaire s’en rende compte, puisque ce détail du calcul ne figure pas directement sur l’avis de taxe foncière.
Les avis 2026 ont été envoyés le jeudi 27 août aux propriétaires non mensualisés. En 2025, le montant moyen de la taxe foncière s’élevait à 1 117 euros, un chiffre révélé par l’administration fiscale en mai 2026. Pour 2026, l’État a revalorisé les valeurs locatives cadastrales de 0,8 %, et la plupart des propriétaires devraient voir leur facture augmenter.
Le montant final dépend aussi du taux fixé par chaque commune, appliqué à cette valeur locative revalorisée. D’après des données de la DGFiP publiées le 27 août, 217 communes ont baissé leur taux en 2026, sur un total de 34 875. À l’inverse, 4 731 communes l’ont augmenté, tandis que 29 893 l’ont laissé inchangé.
Comment vérifier son propre calcul
Pour savoir si sa taxe foncière est surévaluée, un propriétaire doit demander la fiche d’évaluation cadastrale de son bien, via le formulaire 6675. Cette démarche peut se faire en ligne, par la messagerie sécurisée de l’espace Finances publiques sur impots.gouv.fr, ou directement dans un centre des finances publiques.
Une fois ce document obtenu, il suffit de comparer les éléments de confort réellement présents dans le logement avec ceux retenus par l’administration. En cas d’écart, l’avis de taxe foncière peut être contesté.



