Ce courrier bancaire que 9 Français sur 10 jettent à la poubelle peut leur coûter toute leur épargne : les conseillers bancaires confirment

93 milliards d’euros dormant sur des PEL menacés de fermeture automatique. Neuf millions de Français concernés, souvent sans le savoir. Votre banquier vous a-t-il déjà appelé pour ça ? Les vraies options à connaître avant qu’il ne soit trop tard.

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Ce courrier bancaire que 9 Français sur 10 jettent à la poubelle peut leur coûter toute leur épargne : les conseillers bancaires confirment
Ce courrier bancaire que 9 Français sur 10 jettent à la poubelle peut leur coûter toute leur épargne : les conseillers bancaires confirment © journaldeleconomie.fr

Un appel téléphonique, parfois un simple e-mail : c’est ainsi que des détenteurs de plan d’épargne logement apprennent depuis fin mars 2026 la fermeture prochaine de leur placement. Les établissements bancaires ciblent une catégorie précise de clients, ceux qui ont ouvert leur PEL dans la foulée du changement de réglementation entré en vigueur en mars 2011.

La question posée par les conseillers, rapportée par le site L’Internaute, tient en une phrase : avez-vous souscrit un PEL après cette date charnière de mars 2011 ? Une réponse positive signifie, pour le titulaire, une clôture programmée de son épargne.

Une clôture imposée par la loi, pas par la banque

La démarche n’a rien d’une initiative commerciale déguisée. Depuis la réforme de 2011, la durée de vie d’un PEL est plafonnée à 15 ans. Passé ce délai, le plan cesse de générer des intérêts à son taux garanti initial et entre en phase dite dormante. La loi oblige alors la banque à le clôturer automatiquement, sans que le client ait à intervenir.

L’argent ne disparaît pas pour autant. Il est transféré sur un livret d’épargne bancaire classique, dont la rémunération sera vraisemblablement bien inférieure à celle du PEL. Seuls les plans ouverts avant mars 2011 échappent à cette mécanique : ils restent valables sans limite de durée, tant qu’aucun retrait n’est effectué.

L’ampleur du phénomène s’annonce massive. Selon les données de la Banque de France citées par L’Internaute, 36 % des PEL seront concernés par une clôture automatique d’ici 2030, pour un encours total de 93 milliards d’euros. La France compte environ neuf millions de détenteurs de ce produit d’épargne.

Garder son PEL, l’utiliser ou en changer

Face à cette échéance, les épargnants disposent de plusieurs marges de manœuvre. Ils peuvent d’abord clôturer eux-mêmes leur plan avant la date fatidique, ce qui évite de subir la décision. Ils peuvent aussi mobiliser leur PEL pour son usage d’origine : financer un achat, une construction ou des travaux immobiliers, avec à la clé un prêt épargne logement à taux préférentiel, accessible après au moins quatre ans de détention.

Pour ceux qui n’ont pas de projet immobilier en vue, d’autres pistes existent : livrets réglementés, comptes à terme, ou tout autre placement adapté à leur situation. Certains de ces produits offrent un rendement plus intéressant que les PEL ouverts depuis 2011, devenus moins compétitifs au fil du temps.

Cette réflexion intervient alors que les taux de l’épargne réglementée reculent. Le Livret A, qui rapportait 3 % en 2023 et 2024, est passé à 1,7 % depuis le 1er août 2026, une baisse qui touche également le LDDS. Le gouverneur de la Banque de France avait recommandé cette diminution, et le gouvernement n’a pas choisi d’accorder de coup de pouce sur ce taux.

La perte peut représenter plusieurs dizaines d’euros par an pour certains épargnants, même si conserver un Livret A garde du sens pour l’épargne de précaution.

Reste que pour l’argent placé au-delà de cette réserve de précaution, la question d’un placement alternatif se pose désormais avec plus d’acuité pour des millions de détenteurs de PEL.

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