L’Insee a révisé ses prévisions de croissance pour 2026 de 0,7 % à 0,4 %. Cette baisse de 0,3 point s’explique par des phénomènes concrets : les vagues de chaleur qui affectent les récoltes, le retournement des travaux publics après les élections municipales, et une inflation qui pèse sur le pouvoir d’achat.
Révision à la baisse : un choc pour l’économie
En juin, l’Insee prévoyait une croissance de 0,7 % pour 2026. Toutefois, la note de conjoncture de septembre a abaissé cette estimation à 0,4 %, plaçant la France en « vigilance orange ». Cette diminution de 0,3 point représente environ 8 milliards d’euros de richesse en moins, tandis que la croissance française est désormais trois fois inférieure à celle de la zone euro, prévue à 1,2 %.
Les chiffres trimestriels confirment ce déclin. Au premier trimestre 2026, l’économie française s’est contractée de 0,2 %, et le second trimestre a stagné à 0,0 %. Selon Le Monde, la France est la seule grande économie avancée à ralentir significativement en 2026 par rapport à 2025, alors que l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie connaissent une croissance positive.
Agriculture et vagues de chaleur : un secteur en difficulté
Les vagues de chaleur de l’été 2026 ont sévèrement touché le secteur agricole, provoquant des pertes dans les cultures céréalières, l’arboriculture et l’élevage.
Au deuxième trimestre, la production agricole a chuté de 3,1 %, un record depuis la sécheresse de 2022. Les rendements des exploitations céréalières du Centre et du Sud-Ouest ont baissé de 20 à 30 %, et les éleveurs ont dû utiliser leurs stocks de fourrage plus tôt que prévu, augmentant ainsi leurs coûts. Les maraîchers ont également souffert, avec des pertes de récoltes dues aux restrictions d’eau imposées dans 47 départements.
L’Insee estime que les vagues de chaleur ont coûté 0,1 point de PIB à l’économie française. Dorian Roucher, de l’Insee, note que « les épisodes caniculaires ont un impact bien au-delà de l’agriculture », affectant aussi la construction, l’industrie et la consommation.
Effet des élections municipales sur les travaux publics
Le secteur de la construction a subi un retournement après les élections municipales, affectant la croissance économique.
Traditionnellement, les communes françaises accélèrent leurs projets d’infrastructure en fin de mandat. Cependant, après les élections, les nouveaux conseils municipaux ont reporté les grands projets pour réévaluer leurs priorités budgétaires. BFM TV rapporte que la construction publique a chuté de 2,3 % au deuxième trimestre 2026.
Le cycle électoral a provoqué une baisse de l’activité économique, avec une chute de 35 % des appels d’offres publics entre avril et juin 2026 par rapport à 2025. Les entreprises de BTP ont ralenti ou réduit leur activité, entraînant la destruction de 52 000 emplois salariés estimée sur l’année.
Une économie en panne
Outre l’agriculture et la construction, d’autres moteurs de l’économie française sont en difficulté. Clément Bortoli, de l’Insee, déclare que « tous les moteurs de la croissance française sont grippés : la consommation privée est atone, la consommation publique ralentit, et l’investissement stagne ».
Le pouvoir d’achat des ménages devrait diminuer de 0,4 % en 2026, pesant sur la consommation, malgré une légère hausse de 0,3 % due à l’épargne. L’inflation, atteignant 2,9 % en fin d’année, freine l’investissement des entreprises en raison de l’incertitude économique et de conditions de financement restrictives. Le taux de chômage devrait atteindre 8,6 %, faisant de la France le seul pays européen où le chômage augmente significativement. Le gouvernement, qui maintenait une prévision de 0,7 %, devrait annoncer une révision ce vendredi 11 septembre.


