L’impôt sur le revenu 2027 se précise. Alors que l’exécutif cherche plusieurs dizaines de milliards d’euros d’économies pour boucler son prochain budget, Maud Bregeon a écarté dimanche 13 septembre l’une des pistes susceptibles de rapporter de nouvelles recettes à l’État : le gel du barème. Les seuils devraient au contraire progresser au même rythme que les prix.
Impôt sur le revenu 2027 : le barème sera indexé sur l’inflation
L’impôt sur le revenu 2027 ne devrait pas augmenter par le simple effet de l’inflation. Invitée sur BFMTV du « Grand Oral 2027 BFMTV-Le Figaro », Maud Bregeon a annoncé que le gouvernement avait choisi une indexation intégrale du barème dans son projet de budget. « Il est hors de question de geler ce barème de l’IR », a déclaré la porte-parole du gouvernement, selon Le Figaro.
Cette décision est loin d’être neutre pour les ménages. Lorsque les salaires progressent pour suivre la hausse générale des prix mais que les seuils du barème fiscal restent inchangés, certains contribuables peuvent basculer dans une tranche supérieure ou devenir imposables sans que leur pouvoir d’achat réel ait progressé.
C’est précisément ce mécanisme que l’indexation vise à neutraliser. Le Sénat rappelle que l’adaptation du barème à l’inflation constitue une pratique presque systématique depuis 1969. Son objectif est d’empêcher l’augmentation du niveau d’imposition des ménages lorsque la progression de leurs revenus ne fait que compenser celle des prix.
Le gouvernement avait pourtant une raison budgétaire de regarder du côté d’un gel. Lors de la préparation du budget précédent, cette option avait déjà été envisagée afin de dégager des recettes supplémentaires. MoneyVox rappelle qu’un gel proposé pour 2026 devait rapporter environ 2 milliards d’euros et aurait fait entrer quelque 200.000 foyers supplémentaires dans l’impôt. Le barème avait finalement été revalorisé de 0,9%.
Une revalorisation qui pourrait atteindre 2%
Reste à connaître le pourcentage exact qui sera inscrit dans le projet de loi de finances. À ce stade, l’hypothèse centrale tourne autour de 2%.
Selon les données relayées par MoneyVox, l’inflation annuelle atteindrait 2,1% en 2026 et 2% hors tabac. C’est cette dernière mesure qui sert traditionnellement de référence pour déterminer la revalorisation du barème.
Avec une indexation de 2%, le seuil de la première tranche imposable pourrait ainsi passer de 11.600 euros actuellement à environ 11.832 euros par part fiscale. La tranche imposée à 30% débuterait autour de 30.092 euros, contre 29.580 euros dans le barème actuellement applicable.
Les seuils suivants seraient également relevés. La tranche à 41% commencerait autour de 86.270 euros et celle à 45% au-delà de 185.555 euros par part, selon les calculs publiés par MoneyVox.
Ces montants restent toutefois théoriques. Le barème définitif dépendra du taux d’indexation retenu dans le projet de loi de finances pour 2027 puis, surtout, du texte effectivement adopté par le Parlement.
Pour les contribuables dont les revenus resteraient stables, le relèvement des seuils peut entraîner une diminution de l’impôt dû. Capital souligne ainsi que l’indexation pourrait se traduire dans certaines situations par une « petite baisse d’impôt ». Pour ceux dont les revenus progresseraient approximativement au même rythme que l’inflation, l’objectif est plutôt de maintenir une pression fiscale comparable.
Budget 2027 : 30 milliards d’euros d’économies à trouver
L’arbitrage intervient pourtant dans un contexte particulièrement contraint pour les finances publiques. Selon Le Figaro, Maud Bregeon a confirmé que le gouvernement travaillait sur un effort de 30 milliards d’euros dans le cadre du prochain budget.
L’exécutif entend parallèlement maintenir une ligne politique déjà affichée à la fin du mois d’août : ne pas augmenter les impôts et contenir davantage les dépenses publiques. Lors du compte rendu du Conseil des ministres du 31 août, Maud Bregeon avait résumé les grandes orientations de la future copie gouvernementale autour de l’absence de hausse d’impôts et d’un ralentissement des dépenses des ministères.
Renoncer au gel du barème prive néanmoins l’État d’une source potentielle de recettes. Un barème non revalorisé aurait mécaniquement augmenté le rendement de l’impôt sur le revenu à mesure que les rémunérations nominales progressent.
Maud Bregeon assume cet arbitrage au nom de la promesse de stabilité fiscale. « Il est hors de question de geler ce barème de l’IR », a-t-elle insisté, estimant qu’une telle décision provoquerait une « hausse d’impôts pour l’ensemble des Français » concernés, rapporte Le Figaro.
Le montant précis du manque à gagner pour les finances publiques n’a, à ce stade, pas été communiqué.
Le futur barème doit encore passer l’épreuve du Parlement
L’annonce gouvernementale ne signifie pas que les nouveaux seuils sont définitivement acquis. Ils devront figurer dans le projet de loi de finances pour 2027 puis survivre aux débats parlementaires.
La question est d’autant plus sensible que l’exécutif cherche un compromis budgétaire dans une Assemblée nationale fragmentée. Maud Bregeon a indiqué que le gouvernement entendait discuter avec l’ensemble des formations représentées au Parlement, y compris le Rassemblement national.
Le gouvernement souhaite ainsi obtenir un budget susceptible de traverser la période électorale avant qu’une nouvelle majorité puisse éventuellement modifier les choix effectués après les échéances de 2027.
Pour les contribuables, l’enjeu immédiat reste beaucoup plus concret : savoir à partir de quel niveau de revenu ils seront imposables l’année prochaine. Si l’hypothèse d’une indexation de 2% est confirmée, le futur barème applicable aux revenus de 2026 pourrait être le suivant : 0% jusqu’à 11.832 euros par part, 11% entre 11.833 et 30.091 euros, 30% entre 30.092 et 86.269 euros, 41% entre 86.270 et 185.555 euros et 45% au-delà.






