Voltaire disait : « Dans une avalanche, aucun flocon ne se sent responsable. » Voilà exactement où nous en sommes. La France vient d’être à nouveau dégradée par Standard & Poor’s, et tout le monde fait mine de s’en étonner. Pourtant, cela fait quarante ans que nous roulons vers le mur, et personne, jamais, ne veut tenir le volant. Pourtant des responsables il y en a.
Un État qui dépense sans compter
Tout a commencé avec l’ivresse de la dépense publique. Sous Mitterrand, il y avait même un ministère des Grands Travaux : tout un symbole. Puis les gouvernements se sont succédé, chacun voulant “faire plaisir”, distribuer des subventions, multiplier les aides, acheter la paix sociale à crédit. L’État-providence est devenu une machine folle, dont plus personne ne contrôle la vitesse. On dépense pour tout, pour tous, et même au-delà de nos frontières. François de Closets l’avait résumé avec lucidité : “Toujours plus !” Mais un pays, comme un ménage, ne peut pas éternellement dépenser sans compter. On vit depuis quarante ans dans l’idée que la dette n’a pas de conséquence, que la générosité publique est infinie. Aujourd’hui, la sanction tombe : la France n’inspire plus confiance, parce qu’elle vit au-dessus de ses moyens.
Une administration obèse, protégée, intouchable
Et quand enfin on s’inquiète du gouffre, on découvre qu’il est impossible d’y toucher. L’administration, sacralisée, s’est érigée en État dans l’État. On empile les normes, les procédures, les couches hiérarchiques, les agences redondantes. Chaque petit chef veut son royaume, chaque collectivité sa direction, chaque ministère sa réforme interne qui ajoute encore des normes et des coûts. Résultat : une inflation administrative hors de contrôle, un millefeuille territorial qui engloutit des milliards, et une bureaucratie qui étouffe les entreprises productives sous les formulaires et la paperasse. Au nom du “zéro risque”, on a créé un monstre de normes et de règles qui coûte une fortune.
L’irresponsabilité érigée en principe de gouvernement
Le pire, c’est que tout cela s’est fait sans aucun sens des responsabilités. Martine Aubry, par exemple, a décidé du jour au lendemain de passer de 39 à 35 heures. Conséquence mécanique : une baisse de 10 % du temps de travail dans la fonction publique. Une réforme ruineuse, adoptée avec légèreté, sans jamais en mesurer le coût. Et depuis, c’est la même chanson : on promet des économies, on annonce des réformes, mais il ne se passe rien. Chaque gouvernement nous jure qu’il va agir, et chaque fois, la réalité se dérobe. Le seul qui ait tenté quelque chose avec la réforme des retraites, Emanuel Macron, se renie pour se maintenir au pouvoir. Nous sommes un pays où l’on parle de courage, mais où plus personne n’en a.
Le suicide économique en marche
Et voilà que le nouveau budget relance la vieille recette : plus d’impôts, plus de prélèvements, plus de taxes. Une folie. On frappe encore ceux qui travaillent, qui innovent, qui entreprennent. On tue la valeur à petit feu. Les jeunes créateurs d’entreprises, écœurés, vont préparer leurs structures au Luxembourg, en Suisse ou ailleurs, pour fuir quand ils auront réussi. Ce n’est pas seulement une erreur, c’est une trahison. Une destruction lente, mais certaine, de tout ce qui fait la vitalité économique du pays.
La faillite morale d’une classe politique
Et dans cette avalanche, personne ne se sent responsable. Pas les ministres, pas les députés, pas les syndicats, pas les idéologues. Des Olivier Faure, des Boris Vallaud, des Martine Aubry, des milliers d’autres avant et après eux, tous ont ajouté leur flocon à la coulée. Tous se diront, comme Lecornu ou Wauquiez, qu’ils n’y sont pour rien. C’est cela, la tragédie française : une irresponsabilité érigée en vertu politique, un pays où chacun dépense, promet, recule, accuse les autres, et où personne ne paie jamais le prix de ses erreurs. Aujourd’hui, la note baisse, la confiance s’effrite, la France décline. Et demain, on fera quoi ? On expliquera que ce sont “les riches” qui doivent payer. Comme toujours.
Je suis en colère. Vraiment en colère. Parce qu’à force d’irresponsabilité de cette classe politique irresponsable dont l’unique but est d’avoir des postes, on détruit un pays tout entier et qu’à la fin, il ne restera plus rien à sauver.



