La santé des salariés français se mesure désormais en jours d’absence. Et le verdict est sans appel : 2024 marque un tournant. Derrière les chiffres d’un baromètre annuel, c’est tout un monde du travail qui semble battre en retraite.
Absentéisme 2024 : un cap franchi, un malaise confirmé
Le chiffre a été publié le 21 juillet 2025 dans le baromètre annuel du cabinet Mercer. 5,8% de taux d’absentéisme en 2024, un sommet absolu depuis la création de cette étude. À titre de comparaison, le taux s’élevait à 5,3% en 2023. Une hausse brutale, qui illustre ce que les directions vivent au quotidien : la difficulté croissante à maintenir des équipes complètes, stables, disponibles.
L’échantillon est solide – 575.000 assurés, 3.500 entreprises –, et la tendance sans équivoque. Ce qui frappe, c’est l’ampleur du phénomène : il ne s’agit plus de cas isolés ou saisonniers. L’absentéisme s’installe durablement dans le paysage professionnel.
La fracture invisible : femmes, seniors et jeunes en première ligne
Loin d’être homogène, le phénomène varie fortement selon le profil des salariés. Les chiffres du baromètre Mercer sont édifiants : 7,9% de taux d’absentéisme chez les femmes, contre 4,5% chez les hommes. Le déséquilibre est profond, révélateur d’inégalités structurelles encore bien ancrées.
Même hétérogénéité du côté des âges. Les plus de 50 ans culminent à 6,8%, tandis que les moins de 30 ans affichent 5,4%. Les premiers paient le prix de l’usure physique, les seconds celui d’une précarité psychique souvent négligée. Le phénomène du présentéisme inversé, où l’on travaille malgré un état de santé fragile, est de plus en plus courant chez les jeunes actifs.
Un absentéisme multicausal : entre douleurs physiques et effondrement mental
Ce que révèle le baromètre, ce n’est pas seulement un taux en hausse : c’est une transformation de la nature des absences. Si les troubles musculosquelettiques et les pathologies lourdes dominent encore, les troubles psychologiques progressent d’année en année.
La durée moyenne des arrêts en 2024 atteint désormais 23,2 jours, un chiffre qui ne cesse d’augmenter. Mercer le dit sans détour : « Les absences pour troubles psychologiques continuent d’augmenter depuis la pandémie ». Cette tendance, déjà observée dans les précédentes éditions, semble aujourd’hui installée.
Dans les entreprises, les cellules RH ne parlent plus de prévention, mais de gestion de crise. La désynchronisation entre les attentes des salariés et les modes de fonctionnement des entreprises crée un terrain propice à l’épuisement. Quand le travail ne fait plus sens, l’absence devient une échappatoire.
Un modèle économique sous tension : l’absentéisme, indicateur stratégique
Côté finances, le signal est rouge depuis longtemps. Diot-Siaci estime que chaque point d’absentéisme pèse plusieurs milliards d’euros sur l’économie française. Mais au-delà du coût brut, c’est l’organisation même du travail qui est ébranlée.
Les entreprises testent tout : accompagnement managérial, aménagement des postes, développement du télétravail, programmes de bien-être… Pourtant, l’absentéisme progresse. La logique curative ne suffit plus. Il faudrait repenser le lien au travail, interroger les fondements de la productivité, revoir la façon dont on mesure l’engagement.
AXA, dans son étude Datascope 2025, note une hausse globale de 4,5% par rapport à 2023. Diot-Siaci, de son côté, évoque un taux de 4,84 %, avec une durée moyenne d’arrêt à 21,5 jours. Quelle que soit la source, le constat est clair : l’absentéisme est devenu un indicateur stratégique. Et il clignote dangereusement.





A partir du moment où certains médias, pas le vôtre bien sûr mais certains autres, ont appris au public juste après la pandémie du Covid que des maladies psychiques telles que le burn-out par exemple les menaçaient et risquaient de les transformer en zombies en publiant d’ailleurs de nombreux articles ou reportages sur ce sujet, il n’est pas étonnant que le nombre d’arrêts maladie pour des raisons de santé mentale aient considérablement augmenté. Il conviendrait donc maintenant de « rectifier le tir » et de dire à qui voudra l’entendre que tout le monde n’est pas forcément concerné par ce genre de troubles.