Depuis l’été 2025, les réformes gouvernementales modifient fortement le financement public de l’apprentissage, imposant des coûts nouveaux aux entreprises et réduisant les montants d’aides. Le contexte légal et économique a changé brusquement, et l’apprentissage, longtemps promu comme un levier majeur d’insertion et de formation, se retrouve au centre d’une crise qui pourrait marquer la fin de son âge d’or.
Des aides réduites, des charges nouvelles
À compter de juillet 2025, les entreprises qui embauchent des apprentis en formation Bac+3 ou plus doivent désormais verser une participation pédagogique obligatoire de 750 euros pour chaque apprentissage, montant qui était auparavant couvert intégralement par l’État, indique RMC/BFMTV. Cette mesure fait partie d’un ensemble de modifications du dispositif de soutien aux apprentis.
Par ailleurs, l’aide à l’embauche pour les entreprises de moins de 250 salariés passe désormais à 5 000 euros, tandis que, pour celles de 250 salariés ou plus, elle est réduite à 2 000 euros, contre des montants plus élevés auparavant. Ces réductions des aides grèvent la rentabilité pour les entreprises, surtout les PME, beaucoup moins armées à absorber ces surcoûts, explique le média.
Ces évolutions financières s’insèrent dans un contexte plus large de resserrement budgétaire. Le gouvernement justifie ces réformes comme nécessaires pour garantir la soutenabilité du dispositif, limiter les abus, et recentrer les financements vers les apprentissages réellement coûteux ou mal pris en charge. Mais beaucoup d’acteurs se montrent inquiets : CFA, entreprises, alternants redoutent des effets d’éviction ou d’abandon du secteur.
Conséquences déjà visibles : le recul de l’apprentissage
Selon les données de la DARES / POEM, à la fin juin 2025, 94 900 contrats d’apprentissage ont été signés depuis le début de l’année, ce qui représente une baisse de 1,4 % par rapport à juin 2024. POEM note aussi qu’à fin juin, 986 500 personnes étaient en apprentissage, un effectif en hausse de 2,9 % par rapport à la même date l’an dernier.
L’Insee prévoit que ce retournement s’amplifie : environ 65 000 contrats d’alternance pourraient disparaître d’ici la fin de 2025, du fait de la baisse du soutien public à l’apprentissage.
Cette tendance marque une rupture avec les années précédentes pendant lesquelles l’apprentissage avait connu une forte croissance. Entre 2017 et 2024, les contrats d’alternance avaient triplé, dépassant les 870 000 entrées en contrat d’alternance en 2024 selon plusieurs médias se référant aux chiffres de l’Insee et de la DARES / POEM.
Le recul pourrait avoir des effets structurels : réduction de l’offre de formation, moindre attractivité du parcours d’apprentissage, chômage des jeunes accentué, ainsi qu’un impact plus lourd dans les zones rurales ou pour les petites entreprises qui comptaient sur les aides pour équilibrer les coûts.



