L’intérêt des propos tenus récemment par Alain Duhamel sont étonnants. Peu suspect de sympathie pour Éric Zemmour ou pour Reconquête, Duhamel assume sa distance idéologique tout en livrant une analyse sévère et structurée : à ses yeux, Sarah Knafo présente une solidité intellectuelle et une tenue politique très supérieures à celles de Rachida Dati. Une appréciation à contre-courant qui éclaire l’émergence d’un phénomène politique plus large.
Les propos de Duhamel : une évaluation, pas un ralliement
Alain Duhamel commence par poser un cadre clair dans une interview récente sur TV5 Monde et relayé par les supporters de Sarah Knafo : il n’est « pas du camp » de celle-ci et ne partage pas ses orientations politiques. Cette précaution n’est pas anodine ; elle confère à son propos une crédibilité analytique. Lorsqu’il affirme qu’elle « vaut cent fois mieux » que Rachida Dati, formule reprise et commentée sur les réseaux sociaux, il ne s’agit ni d’un jugement moral ni d’un positionnement partisan, mais d’une comparaison fondée sur des critères précis : capacité de raisonnement, maîtrise des dossiers, cohérence argumentative, efficacité oratoire. Il précise qu’elle « est très supérieure à Rachida Dati intellectuellement, comme oratrice, comme culture.« Ce qui frappe, c’est que cette reconnaissance émane d’un observateur historiquement critique de la droite de la droite. Elle révèle un décalage croissant entre les réflexes partisans et l’évaluation des compétences individuelles. En ce sens, la séquence est moins polémique que symptomatique : elle met en lumière un déficit de profils intellectuellement structurés dans une partie du champ politique traditionnel. Ce jugement d’un observateur acéré de la vie politique française va probablement peser lourd dans la campagne pour les munipales.
Un parcours qui explique la perception de solidité
Le jugement de Duhamel trouve un fondement objectif dans le parcours de Sarah Knafo. Diplômée de Sciences Po, elle intègre ensuite l’École nationale d’administration avant de devenir magistrate à la Cour des comptes, ce qui implique un classement élevé et une formation technique exigeante. À un peu plus de trente ans, elle dispose déjà d’une expérience administrative et d’une culture de l’État rares à ce niveau de responsabilité politique. À cela s’ajoute un réseau étonnamment étendu pour son âge. Elle a travaillé avec Henri Guaino, Hubert Vedrines, elle était proche de Marie France Garaud et a côtoyé des figures issues de traditions politiques variées et su s’insérer rapidement dans des cercles où se croisent hauts fonctionnaires, intellectuels et responsables politiques. Ce capital relationnel renforce l’image d’un profil construit, loin de l’improvisation.
Une fusée politique portée par un vide structurel
L’ascension rapide de Sarah Knafo ne s’explique pas uniquement par ses qualités individuelles. Elle s’inscrit dans un contexte de vacance politique à droite. Les Républicains, absorbés par des luttes internes et des hésitations stratégiques, peinent à incarner une ligne claire mêlant autorité de l’État, libéralisme économique et traitement assumé de la question migratoire. Dans cet espace laissé vacant, une figure à la fois techniquement crédible et politiquement lisible trouve naturellement sa place. Le fait que BFM TV ait consacré un long reportage à Sarah Knafo illustre cette perception : au-delà des clivages, elle est identifiée comme un phénomène. C’est précisément ce que révèle, en creux, l’analyse d’Alain Duhamel : l’émergence d’une « fusée politique » née moins d’un effet de mode que d’un besoin réel, dans un paysage où la droite institutionnelle peine à produire des profils à la fois solides, cohérents et incarnés.



il n’y a pas que Dati que Knafo surpasse 100 fois. Malheureusement le spectre à droite est un peu bas de plafond. Aucun n’envisage l’union des droites comme Sarah, à l’image de feu miteux.