Annulation AirBnB : une nouvelle politique dès le 1er octobre bouleverse les règles du jeu

Entre nouvelles exigences pour les hôtes et davantage de garanties pour les voyageurs, AirBnB modifie profondément ses conditions d’annulation. Le changement, apparemment technique, cache un repositionnement stratégique.

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Annulation AirBnB : une nouvelle politique dès le 1er octobre bouleverse les règles du jeu
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Annulation : un virage réglementaire à partir du 1er octobre

À compter du 1er octobre 2025, AirBnB mettra fin à l’une de ses politiques les plus utilisées : la politique d’annulation stricte. Cette évolution marque un tournant dans la façon dont la plateforme encadre les conditions de location courte durée, tant pour les voyageurs que pour les hôtes.

Selon les détails publiés par AirBnB, seuls deux régimes d’annulation resteront disponibles : la politique “Firm” (ferme) et la politique “Flexible” (souple). Toute nouvelle annonce créée sur la plateforme devra se conformer à l’un de ces deux formats ; les annonces existantes auront jusqu’au 1er octobre pour effectuer la transition.

AirBnB réforme sa politique pour rassurer le voyageur

Ce changement vise à répondre à une préoccupation croissante des utilisateurs : la prévisibilité. Ainsi, AirBnB introduit une clause obligatoire de rétractation de 24 heures. Pour toute réservation effectuée au moins 7 jours avant l’arrivée, l’annulation par le voyageur sera intégralement remboursée dans ce délai, quelle que soit la politique d’annulation choisie par l’hôte.

La plateforme justifie cette nouvelle orientation par des attentes client claires :

« Plus de 40 % des voyageurs déclarent que l’annulation gratuite est l’un des critères les plus importants lorsqu’ils réservent un séjour », selon les informations de Capital.

AirBnB renforce ainsi sa promesse de sécurité, en misant sur la transparence des conditions et la réduction des incertitudes pour les locataires.

Hôtes : entre incitation économique et contrainte implicite

Pour les propriétaires, la nouvelle donne n’est pas sans conséquences. La politique “Strict”, longtemps privilégiée pour sa capacité à dissuader les désistements de dernière minute, disparaît. Elle sera remplacée par des règles moins favorables en cas d’annulation tardive.

Désormais, la politique “Flexible”, déjà en vigueur, autorise un remboursement complet jusqu’à 24 heures avant l’arrivée ; tandis que la politique “Firm” prévoit un remboursement à 100 % jusqu’à 30 jours avant l’arrivée, puis 50 % jusqu’à 7 jours avant la date prévue.

Ces barèmes uniformisés visent, selon AirBnB, à standardiser les conditions, mais aussi à stimuler la réservation. En effet, les hôtes qui adoptent la politique “Firm” peuvent espérer un gain de rentabilité.

Les hôtes ayant adopté la nouvelle politique “Firm” constateraient une hausse moyenne de leurs revenus de 10 %, une incitation économique à laquelle peu pourront résister, bien qu’elle implique une exposition plus forte aux risques d’annulation.

Un tournant stratégique pour la plateforme

Cette réforme n’est pas un simple ajustement. Elle témoigne d’un recentrage stratégique d’AirBnB, dans un contexte post-pandémique où la flexibilité est devenue une exigence de marché. Moins lisible pour les hôtes, la nouvelle structure tarifaire pourrait toutefois séduire les voyageurs en quête de garanties.

La disparition de la politique “Strict” uniformise les pratiques, mais aussi rééquilibre les rapports de force entre les deux parties. En instaurant une fenêtre de rétractation standardisée, AirBnB prend position : dans l’arbitrage entre souplesse et engagement, la préférence va désormais au premier terme.

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