Le vendredi 30 janvier 2026, l’annonce que Kevin Warsh sera le prochain président de la Réserve fédérale, faite par le président Donald Trump, a déclenché des mouvements immédiats et marqués sur les marchés des métaux précieux. Les cours de l’or et de l’argent ont chuté brutalement, amplifiés par la montée du dollar et des prises de bénéfices de la part d’investisseurs. La situation montre bien l’influence des décisions politiques sur les marchés financiers et l’effet papillon que peuvent provoquer ce type d’annonces.
Les métaux précieux plongent
L’or a été particulièrement touché : le prix au comptant a reculé de 9 %, s’établissant à 4 503,60 € l’once, confirme le média américain CNBC. Les contrats à terme sur l’or ont perdu 11,4 %, clôturant à 4 365,49 €. Pour l’argent, la chute a été encore plus violente : l’argent au comptant a plongé de 28 %, à 76,77 € l’once, tandis que les contrats à terme ont dévissé de 31,4 %, à 72,25 €. C’est la pire séance pour les futures sur l’argent depuis mars 1980. Le marché a été très volatil, avec des ventes forcées et des appels de marge qui ont poussé de nombreux investisseurs à solder des positions.
En parallèle, des fonds et ETF comme ProShares Ultra Silver (fonds à effet de levier) et iShares Silver Trust ont encaissé des pertes lourdes, respectivement de plus de 62 % et 31 %. Les sociétés minières, à l’image de Coeur Mining, ont aussi été affectées, perdant 17 % de leur valeur, soulignant l’importance des réserves nationales d’or pour la stabilité économique.
Ce que la nomination de Kevin Warsh change
La désignation de Kevin Warsh a fait retomber les craintes sur l’indépendance de la Fed, et a été interprétée comme un facteur de stabilisation du dollar. L’indice du dollar a ainsi grimpé d’environ 0,8 %, rendant les métaux précieux plus onéreux pour les investisseurs étrangers. D’après Krishna Guha, vice-président d’Evercore ISI, « le marché traite Warsh comme faucon », autrement dit il est vu comme favorable à un durcissement de la politique monétaire. Cette lecture a contribué à redonner de la force au billet vert, qui avait été affaibli par une baisse proche de 10 % l’année précédente.
La forte montée des préoccupations économiques avait généré beaucoup d’attentes. Mais la nomination de Warsh a poussé certains investisseurs à revoir leur exposition concentrée sur ces positions, comme l’a souligné Katy Stoves de Mattioli Woods. Cette remise en question a paru logique après une montée jugée « trop facile », selon Toni Meadows de BRI Wealth Management.
Les experts réagissent et analysent
Les analystes ont noté une réaction quasi immédiate sur le marché de l’or, avec des réajustements de portefeuilles, surtout sur les métaux précieux. Matt Maley de Miller Tabak a attiré l’attention sur « des ventes forcées », précisant que beaucoup d’investisseurs ont dû liquider leurs positions sous contrainte. L’idée que la nomination de Warsh puisse conduire à une politique monétaire plus agressive laissait entrevoir une hausse possible du dollar, rendant l’or et l’argent vulnérables à des corrections soudaines. Claudio Wewel de J. Safra Sarasin a rappelé comment les tensions géopolitiques avaient alimenté la flambée des métaux précieux, formant une « tempête parfaite ».




