Les assurances entrent dans une période où le tarif moyen dit de moins en moins ce que chacun paiera réellement.En 2027, les cotisations devraient encore augmenter, mais les différences pourraient devenir particulièrement visibles dans l’habitation. Localisation du logement, exposition à la sécheresse ou aux tempêtes, caractéristiques du véhicule : la tarification tend à refléter plus précisément le risque supporté par l’assureur.
Assurances : la hausse de 2027 pourrait cacher de grands écarts
Les premières projections donnent le ton. Facts & Figures prévoit une progression moyenne comprise entre 5% et 6% pour l’assurance multirisque habitation en 2027, tandis qu’Addactis avance une fourchette de 6,5% à 7,5%, selon les données rapportées par Le Figaro. Pour l’automobile, les estimations sont plus contenues : +3% à +4% chez Facts & Figures et +3,5% à +4,5% chez Addactis.
Ces chiffres sont des moyennes. Ils ne signifient donc pas qu’un assuré verra nécessairement son contrat habitation progresser de 7,5%, ou son assurance auto de 4,5%.
Pour le logement en particulier, la localisation devrait peser davantage. « On assiste à une plus grande segmentation tarifaire », observe Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Facts & Figures, cité par Le Figaro. Dans les secteurs les plus exposés à certains phénomènes naturels, notamment aux tempêtes ou au retrait-gonflement des argiles, il évoque des revalorisations pouvant atteindre 18%.
Cette évolution de la tarification intervient alors que la carte des risques elle-même change. Depuis juillet 2026, 55% du territoire de France hexagonale est classé en exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles, contre 48% auparavant. Selon Géorisques, 12,1 millions de maisons individuelles existantes sont concernées, soit 61,5% des maisons individuelles de l’Hexagone.
Le retrait-gonflement des argiles résulte des variations d’humidité dans certains sols. Ils se contractent pendant les périodes sèches puis gonflent lorsqu’ils se réhumidifient, ce qui peut provoquer des fissures et affecter les fondations des bâtiments.
L’enjeu financier est considérable. Géorisques évalue entre 3 et 3,5 milliards d’euros le coût des sinistres assurés liés à ce phénomène pour la seule sécheresse de 2022.
« Le vrai risque est lié au phénomène de gonflement des argiles. Un nombre record de maisons risquent d’être fissurées par la sécheresse », avertit Cyrille Chartier-Kastler, cité par Le Figaro.
Habitation et automobile ne suivent plus la même trajectoire
L’écart entre les prévisions pour l’auto et l’habitation n’est pas anodin. Les deux marchés ne sont pas soumis aux mêmes forces.
Pour l’habitation, le montant des indemnisations demeure élevé. France Assureurs comptabilise près de 4,2 millions de sinistres indemnisés en 2025, représentant une charge de 7,9 milliards d’euros. Les dégâts des eaux constituent 39% des sinistres.
La fréquence globale des sinistres habitation a pourtant reculé de 9,1% cette même année. Ce paradoxe s’explique notamment par l’évolution du coût des dommages. Selon France Assureurs, le coût moyen des incendies a augmenté de 118% en vingt ans et encore de 12% en 2025.
Les événements naturels ajoutent une autre dimension. France Assureurs chiffre à 5,1 milliards d’euros leur coût pour les assureurs en 2025 et estime à 143 milliards d’euros la charge cumulée liée à ces événements entre 2020 et 2050.
L’automobile devrait connaître une progression moins forte en 2027. Le ralentissement de l’augmentation du prix des pièces et une circulation routière moins importante contribuent à modérer les projections.
« Avec la flambée du coût des carburants, les Français utilisent moins leur voiture, la circulation routière a ainsi baissé de 3 à 6%, ce qui a réduit le nombre d’accidents et donc d’indemnisations », explique Cyrille Chartier-Kastler au Figaro.
Les réparations automobiles n’en deviennent pas moins coûteuses pour autant. L’équipement technologique des véhicules multiplie les composants susceptibles de renchérir une intervention : capteurs, caméras, radars ou encore électronique embarquée.
Une étude de France Assureurs réalisée sur près de deux millions de véhicules montre notamment que le coût d’indemnisation d’un accident est en moyenne 11% plus élevé pour un véhicule électrique que pour un véhicule thermique de même génération. L’écart atteint 14% pour la garantie dommages et 28% pour le bris de glace.
Ces données ne signifient pas qu’une assurance pour voiture électrique est systématiquement 11% plus chère : elles concernent le coût des indemnisations après accident. Elles illustrent en revanche l’évolution des dépenses auxquelles les compagnies doivent faire face.
Pour les assurés, les projections 2027 doivent donc être lues comme des tendances plutôt que comme le montant de leur prochaine augmentation. Dans l’habitation comme dans l’automobile, la moyenne nationale masque une tarification de plus en plus dépendante des caractéristiques du bien couvert et du risque qu’il représente.


