Après la liquidation judiciaire de Brandt en décembre 2025, 36 offres de reprise ont été déposées. La majorité d’entre elles se concentre sur les actifs, sans engagement significatif sur l’emploi. Derrière l’intérêt pour les marques et les stocks, l’avenir social de l’ancien fleuron de l’électroménager reste largement incertain.
Brandt : des offres de reprise nombreuses, mais un avenir social très incertain
La liquidation judiciaire de Brandt, prononcée en décembre 2025 par le tribunal des activités économiques de Nanterre, a ouvert une phase cruciale pour l’ancien géant français de l’électroménager. Depuis l’arrêt de ses activités, l’entreprise fait l’objet d’un vif intérêt : 36 offres de reprise de ses actifs ont été déposées. Pourtant, derrière ce chiffre impressionnant, une réalité s’impose : très peu de projets prévoient de reprendre des salariés.
L’information, révélée par L’Informé, a été confirmée par un document judiciaire consulté le 3 février par l’AFP, selon Le Figaro. Elle met en lumière un déséquilibre classique mais brutal entre l’attractivité économique des actifs et la fragilité de l’emploi industriel.
Des marques attractives, une industrie fragilisée
Créé il y a plus d’un siècle, Brandt a longtemps incarné un savoir-faire industriel français dans l’électroménager. Propriétaire de marques bien connues des consommateurs, le groupe conservait une forte notoriété malgré des années de difficultés financières. Cette valeur explique l’afflux de candidatures à la reprise, essentiellement centrées sur les marques, les stocks disponibles ou certains brevets.
Plusieurs acteurs du commerce se sont positionnés sur ces actifs. Le distributeur Fnac Darty a déposé une offre portant sur une partie des marques et des stocks, tandis que le spécialiste du déstockage Noz s’est intéressé principalement aux marchandises existantes. Le Groupe Fournier, maison mère de Mobalpa, apparaît également parmi les candidats, avec un projet ciblé sur une marque du portefeuille.
Ces offres traduisent un intérêt avant tout commercial, sans nécessairement s’inscrire dans une logique de relance industrielle sur le territoire.
Quatre offres seulement intègrent des salariés
Sur les 36 dossiers déposés, seules quatre propositions mentionnent explicitement la reprise de salariés, et encore de manière partielle. Brandt employait environ 700 salariés en France au moment de sa liquidation, un effectif aujourd’hui largement menacé.
Parmi les projets intégrant une dimension sociale figure celui porté par la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, en lien avec la région Île-de-France, visant la reprise d’un site à Saint-Ouen-l’Aumône et le maintien de plusieurs dizaines d’emplois. Un autre projet, porté par l’entrepreneur Stéphane Français via une structure dédiée, affiche l’ambition de constituer un noyau de salariés et de diversifier les productions, au-delà du seul électroménager.
Ces initiatives restent toutefois marginales face à la majorité des offres, centrées sur la valorisation rapide des actifs sans engagement durable sur l’emploi.
Un choix déterminant pour l’avenir du groupe
Le tribunal devra désormais examiner l’ensemble des propositions et trancher entre des projets très différents, allant de la simple reprise d’actifs à des tentatives plus ambitieuses de relance. L’enjeu dépasse le seul cas de Brandt : il interroge la capacité de l’industrie française à préserver des activités manufacturières face à la concurrence internationale et à la financiarisation des reprises.
La décision attendue du tribunal permettra de déterminer quelles offres seront retenues et dans quelles conditions. Elle fixera le cadre de l’avenir de Brandt, tant sur le plan industriel que social.


