Depuis le 1er août 2026, une vague d’arnaques à l’abonnement « Cellcast Vidéos » submerge les Français. Mais l’origine de cette crise ne date pas d’hier : elle est la conséquence directe des fuites de données massives chez Free (2024) et Bouygues Télécom (2025). Comment deux géants des télécoms ont laissé s’échapper les données de millions de clients, et qui en paie réellement le prix ?
Le chaînon manquant : des fuites de 2024-2025 à l’arnaque d’août 2026
Free (2024) et Bouygues (2025) : deux violations qui continuent de faire des dégâts
En 2024, Free subit une violation de données qui expose les informations personnelles et bancaires de plusieurs millions d’abonnés. L’année suivante, Bouygues Télécom connaît le même sort. Parmi les données compromises figurent des noms, prénoms, adresses postales complètes et, surtout, des IBAN. Ces informations sensibles se retrouvent rapidement sur le darknet, vendues à des groupes criminels spécialisés dans la fraude financière. Comme le révèle TF1 Info, les données volées chez ces opérateurs servent aujourd’hui de base à des campagnes de phishing d’une sophistication inédite.
Comment les données vendues sur le darknet deviennent des arnaques ciblées
Les escrocs exploitent les bases de données piratées pour personnaliser leurs messages frauduleux. Chaque mail envoyé contient des informations réelles : nom, prénom, adresse, IBAN partiel. L’expert judiciaire en cybersécurité Thibaut Hénin explique : « Une fois qu’une information est publique, on ne peut plus la supprimer. Ces informations peuvent bien ressurgir longtemps après une violation de données, des escrocs revendant les bases piratées à d’autres, y compris des années après l’incident. » Le 1er août 2026 à 5h30, les premiers signalements affluent sur Signal Arnaques. En trois heures, 170 victimes se manifestent. L’estimation totale dépasse les dizaines de milliers de personnes ciblées.
Qui paie vraiment le prix de ces fuites ?
Les victimes : des millions de clients français exposés
Les clients de Free et Bouygues Télécom subissent les conséquences directes des failles de sécurité. Beaucoup reçoivent des mails frauduleux prétendant confirmer un abonnement à « Cellcast Vidéos » pour 49,99 euros par an. Le piège se referme lorsque la victime clique sur le bouton « gérer mon abonnement » et saisit ses coordonnées bancaires complètes sur une fausse plateforme. Frandroid souligne que les escrocs détournent même l’infrastructure de messagerie de Cellcast, entreprise australienne légitime, pour contourner les filtres anti-spam.
Signaler auprès de la CNIL et cybermalveillance.gouv.fr
Toute victime peut déposer une plainte en ligne sur le site de la CNIL (cnil.fr). La plateforme cybermalveillance.gouv.fr centralise les signalements d’arnaques et oriente les victimes vers les démarches appropriées. Signaler permet de documenter l’ampleur de la fraude et de renforcer les dossiers d’enquête. Les témoignages collectés servent également aux autorités pour identifier les réseaux criminels et bloquer les domaines frauduleux.


