L’année 2026 apporte un changement notable pour les déclarations d’impôts en France. Plus de 5 millions de foyers vont devoir remplir une case supplémentaire lors de leur déclaration de revenus. Cette nouveauté, issue du vote du budget 2025, vise à améliorer la transparence de l’utilisation des crédits d’impôt liés aux nouvelles obligations de déclaration. Elle répond à une demande express du Parlement, qui veut « mieux tracer l’utilisation d’un avantage fiscal » pesant fortement sur les finances publiques.
Nouvelle case à remplir dès 2026
À partir de 2026, une case additionnelle apparaîtra sur la déclaration de revenus. Les contribuables devront renseigner non seulement la case 7DB déjà connue, mais aussi des éléments dans l’annexe 2042 RICI, qui porte sur les réductions et crédits d’impôts. Concrètement, il faudra indiquer le montant correspondant à chaque type de dépense d’emploi à domicile.
Il faudra aussi préciser l’identité de l’organisme, de l’entreprise, de l’association ou du salarié à domicile ayant perçu les sommes. Les prestataires, les mandataires et les employeurs via le Cesu (chèque emploi service universel) sont donc directement concernés.
Cette nouvelle case n’est pas arrivée sans retard. Annoncée au printemps 2025, son intégration a été repoussée après l’adoption tardive de la loi de finances pour 2025 en février, ce qui a décalé l’ajustement à l’année suivante. Dès début avril 2026, les contribuables seront invités à compléter ces nouvelles rubriques lors de la déclaration de leurs revenus, soulignant l’importance de cocher la case.
Ce que veut obtenir le Parlement
Pourquoi ce changement ? Le Parlement suit de près les dépenses publiques. Le coût de cet avantage fiscal pour l’État a dépassé les 6,5 milliards d’euros en 2025, un chiffre relayé par plusieurs médias financiers, notamment Moneyvox. Le Parlement souhaite obtenir une « meilleure information du Parlement à propos de l’utilisation du crédit d’impôt relatifs aux services à la personne« .
En levant certaines zones d’ombre sur l’usage de ces crédits, l’idée est d’évaluer plus précisément l’efficacité et la pertinence des dispositifs en place pour maximiser les avantages fiscaux. Ces données permettront de dresser un bilan plus objectif et d’envisager d’éventuelles réformes législatives visant à assurer une meilleure utilisation des deniers publics.
Ce que ça change pour les foyers fiscaux
Pour les 5,15 millions de foyers qui déclaraient déjà des dépenses d’emploi à domicile en 2025, l’avantage fiscal moyen s’élevait à 1 226 euros. La nouvelle exigence représente donc une modification concrète : chaque foyer devra préparer sa déclaration avec plus de soin pour éviter les erreurs.
Au-delà du simple montant déclaré, il faudra fournir des informations détaillées pour améliorer la traçabilité. Il s’agit notamment de « préciser la nature de l’organisme et la personne morale ou physique (…) », ce qui renforcera la capacité de contrôle des instances parlementaires.
Annoncée dès 2023, cette évolution du dispositif demandait du temps pour être mise en place correctement. Le délai accordé a permis de préparer la transition, même si des ajustements ont été nécessaires. La vigilance parlementaire explique en grande partie cette évolution, malgré les questions qu’elle soulève.



