La réforme du chômage, qui doit démarrer le 1er avril 2025, s’annonce comme un vrai tournant pour le versement des allocations en France. Avec l’idée d’économiser 3,46 milliards d’euros sur trois ans, elle veut pousser les chômeurs à retrouver plus vite un emploi tout en remettant un peu d’ordre dans les comptes légèrement déficitaires de l’Unédic. Cela concerne 900 000 demandeurs d’emploi, et il est normal que tout le monde se pose des questions sur les conséquences sociales et économiques de ces changements.
Négociations en coulisse
Dès novembre dernier, les partenaires sociaux se sont réunis pour discuter de cette réforme dans une ambiance tendue sur le marché du travail. Le but affiché : encourager le retour dans le monde du boulot tout en aidant l’Unédic à mieux tenir la barre financièrement. La mise en œuvre se fera petit à petit jusqu’en juillet 2025, dans l’optique d’équilibrer les comptes tout en continuant de soutenir les salariés. Les discussions ont aussi laissé entrevoir l’espoir d’améliorer durablement la santé financière des finances publiques.
Bilan financier et économies prévues
Le 25 février, l’Unédic a dévoilé une étude précisant que la réforme pourrait permettre de réaliser des économies de 2,3 milliards d’euros entre 2025 et 2028. Attention quand même, car ces économies se voient un peu compensées par de nouvelles charges estimées à 470 millions d’euros. En outre, une baisse importante des indemnités, à hauteur de 3,93 milliards d’euros, est programmée, ce qui ferait économiser à l’Unédic 1,34 milliard d’euros entre 2027 et 2028, soit plus d’un tiers des économies envisagées.
Zoom sur les mesures
Parmi les mesures phares, il y a la réduction plafond des allocations de retour à l’emploi (ARE) dès avril 2025. Concrètement, le calcul se basera sur un forfait de 30 allocations journalières par mois, peu importe le nombre réel de jours civils du mois. En parallèle, une nouvelle indemnisation sera mise en place pour les créateurs et repreneurs d’entreprise, avec un cumul plafonné à 60% des droits restants après la création de l’entreprise.
Entrepreneurs : ce que ça change
Les entrepreneurs ne sont pas en reste avec cette réforme. Environ 100 000 d’entre eux verront leur durée d’indemnisation réduite dès la première année. Par ailleurs, 50 000 allocataires ne toucheront plus leurs allocations mensuelles en régime standard. De plus, le deuxième versement de l’Aide à la reprise ou à la création d’entreprise (Arce) sera supprimé pour ceux qui auront retrouvé un CDI à temps plein, touchant ainsi 3 500 allocataires chaque année et générant une économie annuelle de 25 millions d’euros pour l’Unédic.
Seniors : ce qui change
Les seniors, notamment ceux âgés de 53 à 56 ans, seront particulièrement concernés par ces changements. À l’heure actuelle, les 53-54 ans peuvent percevoir des allocations pendant 22,5 mois et ceux de 55 ans et plus pendant 27 mois. Ces durées vont être réduites, passant à 18 mois pour les plus jeunes et réajustées pour les autres en fonction du report progressif de l’âge légal de départ à la retraite fixé à 64 ans.
Demandeurs d’emploi : ce qui change
Les chômeurs inscrits depuis longtemps ne devraient pas trop sentir le changement. En revanche, ceux qui connaissent des périodes d’inactivité plus courtes pourraient perdre quelques jours d’allocation lors des mois de 31 jours, la prestation journalière brute étant fixée à 42,5 euros en moyenne. Au total, la mensualisation concernera environ 43% des personnes indemnisées.
Le déploiement débutera avec une phase simplifiée entre avril et juin 2025. Pendant cette période, seuls les allocataires ayant été indemnisés sur un mois complet seront soumis à la nouvelle règle de plafonnement mensuel.

