Contrôle technique : ce que la décision européenne pourrait changer

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Contrôle technique Europe
Le Conseil de l’UE rejette l’idée d’un contrôle technique annuel pour les voitures de plus de dix ans. | journaldeleconomie.fr

L’Europe renonce, pour l’instant, au contrôle technique annuel pour les véhicules de plus de dix ans. Une bonne nouvelle pour le portefeuille des automobilistes français, alors que le coût de l’automobile pèse déjà lourd dans les budgets des ménages.

L’abandon du contrôle technique annuel : un soulagement… budgétaire

Ces derniers mois, l’hypothèse d’un contrôle technique imposé chaque année pour les voitures âgées avait inquiété de nombreux foyers. La mesure, proposée par la Commission européenne, visait les véhicules de plus de dix ans. Elle aurait ainsi concerné près d’une voiture sur deux dans l’Hexagone.
Comme l’a rappelé Le Figaro, le Conseil de l’Union européenne s’est prononcé « à une très large majorité » contre cette perspective, fermant la porte — au moins provisoirement — à un durcissement coûteux.

Cette prise de position répond en partie aux avertissements formulés par le ministre français des Transports, cité par le quotidien, qui insistait sur le fait que « l’âge moyen du parc automobile français est de 11 ans », et qu’une visite annuelle aurait touché les ménages les plus fragiles en priorité.

Pour les consommateurs, l’abandon de cette mesure représente une économie potentielle de 80 à 120 euros par an selon les régions et les centres agréés. Une somme loin d’être négligeable dans un contexte où carburant, assurance, entretien et pièces détachées affichent tous une tendance haussière.

Le marché de l’occasion retrouve de la visibilité

Au-delà de l’impact immédiat, la décision européenne clarifie aussi l’horizon pour le marché automobile. Les professionnels de la vente d’occasion redoutaient déjà un effet “gel des transactions” : les acheteurs potentiels hésitaient face à la possibilité d’un contrôle annuel, susceptible de rendre certains véhicules âgés beaucoup moins attractifs.

Avec la position du Conseil européen, cette incertitude se dissipe. Les véhicules de dix à quinze ans — une tranche particulièrement prisée en période d’inflation — devraient conserver leur valeur résiduelle. L’absence de visite annuelle évite aussi la perspective d’une hausse mécanique du nombre de contre-visites, qui pèsent sur les garages et qui auraient pu renchérir le coût d’acquisition pour les ménages modestes.

Les professionnels respirent également : le risque d’embouteillage dans les centres agréés, déjà sous tension à certaines périodes de l’année, s’éloigne.

Et pour le conducteur : à quoi faut-il concrètement s’attendre ?

Le système français demeure inchangé :

  • une première inspection au bout de quatre ans,
  • puis un contrôle technique tous les deux ans,
  • sans majoration prévue des tarifs à court terme.

Ce statu quo ne signifie pas pour autant que l’automobiliste soit totalement exempt de vigilance.

Les rappels constructeurs en matière de sécurité deviennent un sujet croissant. Certaines opérations non effectuées peuvent désormais entraîner un refus lors du contrôle — une mesure qui pourrait être renforcée dans les prochaines années. L’AFP Factuel a également rappelé que plusieurs rumeurs alarmistes sur une prétendue explosion des points d’inspection ou des contre-visites étaient infondées.

Enfin, une réalité demeure : plus un véhicule vieillit, plus le risque de défaillance progresse. Les statistiques publiées par divers organismes montrent que les voitures anciennes présentent un taux d’échec sensiblement supérieur. Avec un parc automobile qui atteint déjà 11 ans d’âge moyen, selon la déclaration du ministre citée par Le Figaro, l’entretien reste la meilleure arme des particuliers.

La suite ? Débat technique en Europe, prudence côté Français

Le processus législatif n’est pas terminé : Parlement, Commission et Conseil devront encore négocier. Le rejet massif de la mesure de contrôle annuel rend toutefois improbable une adoption en l’état.

Pour les ménages, le signal est clair : aucune dépense supplémentaire immédiate liée au calendrier du contrôle technique. Pour les États, un autre enjeu apparaît : comment améliorer la sécurité routière sans alourdir encore le coût de la mobilité individuelle, déjà mise sous pression par le prix du carburant et par l’inflation sur les pièces détachées ?

La France pour le moment continuera de s’opposer à tout dispositif perçu comme antisocial. C’est ce qu’expliquait déjà le ministre, pour qui un passage annuel « frapperait d’abord nos concitoyens qui n’ont pas les moyens de s’offrir une voiture plus récente ».

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