COP30 : le monde suffoque, la politique tergiverse

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Canicule écrasante : la date à laquelle la chaleur va enfin nous lâcher
COP30 : le monde suffoque, la politique tergiverse | journaldeleconomie.fr

La conférence mondiale sur le climat (COP30) s’est ouverte à Belém, au cœur de l’Amazonie, dans un climat d’urgence et de désillusion. Lula da Silva, président du Brésil et hôte du sommet, a donné le ton : « C’est le moment d’infliger une nouvelle défaite aux négationnistes ». Une phrase forte, mais qui résonne étrangement dans un monde où la bataille du climat semble déjà largement perdue.

Une planète à la dérive

Selon les dernières données de l’ONU, la trajectoire actuelle conduit à un réchauffement supérieur à 2,5 °C d’ici la fin du siècle. António Guterres a parlé d’un « échec moral » si la communauté internationale renonce à l’objectif de 1,5 °C fixé à Paris en 2015. Pourtant, la réalité est implacable : la plupart des grandes puissances n’ont pas actualisé leurs engagements climatiques (les fameux NDCs), et les émissions mondiales continuent d’augmenter. Belém devait symboliser le retour du Sud global au centre du jeu climatique. Mais les divisions restent profondes : d’un côté, les pays riches multiplient les promesses non tenues ; de l’autre, les pays émergents réclament des financements qu’ils n’obtiennent jamais. Le Fonds pour les pertes et dommages, censé compenser les pays victimes du réchauffement, n’est toujours pas doté à la hauteur des besoins. Résultat : la méfiance domine et la diplomatie climatique tourne à vide.

L’Amazonie, symbole et paradoxe

Tenir la COP30 en Amazonie avait tout d’un geste fort : placer le plus grand poumon vert de la planète au centre des négociations. Mais cette région, elle aussi, est au bord de l’asphyxie. En 2024, la déforestation a connu un léger recul, mais les incendies et l’exploitation minière illégale continuent de ravager des milliers d’hectares chaque mois. Le Brésil espère incarner le renouveau écologique, mais reste dépendant de ses exportations agricoles et minières, deux moteurs majeurs de la destruction de la forêt. Chaque COP ressemble un peu plus à un théâtre de la bonne conscience. Les dirigeants y multiplient les promesses tandis que les lobbyistes de l’énergie fossile y tiennent désormais pavillon. Les grandes entreprises s’achètent une image « verte » à coups d’annonces symboliques, pendant que les États reculent sur les engagements contraignants.

Belém devait être la COP du renouveau. Elle risque d’être celle de la résignation : un moment où le monde, lucide mais impuissant, reconnaît qu’il n’agit plus à la hauteur de l’enjeu. À force de reporter l’effort collectif, le changement climatique n’est plus une menace : c’est un fait établi. Et il ne reste plus qu’une question : combien de degrés faudra-t-il encore pour que la politique s’échauffe enfin ?

2 réflexions au sujet de “COP30 : le monde suffoque, la politique tergiverse”

  1. Nous faisons tous le même constat et il n’y a qu’une solution. La terre est malade, elle monte en température à cause car elle est victime du cancer terrien. Notre état d’esprit terrien est la cause du dérèglement climatique. Cela fait presque 2000 ans que le remède nous a été transmis, mais nous n’avons pas respecté le traitement. Nous avons changé l’ordonnance en mettant de côté son principe actif, l’IN, l’intelligence de la Nature.
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  2. As t’on le droit de dire que l’on n’est pas d’accord avec vous ?
    Les « données  » de l’ONU auxquelles vous faites références sont celles du résumé du rapport du GIEC.
    Ce résumé, rédigé à l’attention des dirigeants, est très controversé car il ne reflète pas tous les avis des scientifiques spécialistes du climat, mais seulement celui de quelques-uns, les plus pessimistes.
    Pour la plupart des spécialistes, les données sont beaucoup plus nuancées et bien moins alarmistes que ce que vous relayez…

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