Le 12 octobre 2026, l’observatoire européen Copernicus a révélé des données soulignant l’accélération du réchauffement climatique. En septembre, la température moyenne des eaux de surface des océans a atteint 21,05 degrés Celsius, surpassant le précédent record de 20,92°C établi en septembre 2023. Parallèlement, la température moyenne de l’air en surface a atteint 16,27°C, positionnant ce mois comme le deuxième plus chaud jamais enregistré pour cette période de l’année.
Le mois de septembre 2026 présente une anomalie de 1,63°C par rapport à la période préindustrielle (1850-1900), rapprochant l’humanité du seuil critique de 1,5°C fixé par l’accord de Paris en 2015.
Un El Niño exceptionnel
L’épisode El Niño actuel dans le Pacifique dépasse tous les records dans la zone Nino3.4, avec des températures de surface atteignant 29,70°C en septembre. Bien que l’observatoire européen reste prudent, Copernicus souligne qu’il est difficile de comparer ce phénomène aux précédents en raison du réchauffement climatique global. Un nouvel indice ajusté au réchauffement tropical montre que cet événement n’a pas encore surpassé les précédents, mais il est déjà considéré comme exceptionnellement puissant. Les prévisions indiquent que l’intensité maximale pourrait être atteinte entre novembre et janvier.
Selon Carlo Buontempo, directeur de Copernicus, les mois récents dépassent déjà 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels, et avec un El Niño croissant, cette tendance pourrait perdurer jusqu’en 2027. Cela met en péril les objectifs de l’accord de Paris, qui vise à maintenir le réchauffement en dessous de 2°C, avec des efforts pour le limiter à 1,5°C. Les Nations unies ont averti que ce seuil pourrait être franchi dans quelques années, soulignant l’urgence de réduire les émissions de gaz à effet de serre pour limiter la durée de ce dépassement.
Perspectives pour 2027
Les experts prévoient que l’El Niño pourrait entraîner de nouveaux records de température mondiale en 2027. Les océans, qui absorbent plus de 90 % de l’excès de chaleur, pourraient atteindre leurs limites en tant que régulateurs thermiques. Les secteurs économiques devront s’adapter à des conditions météorologiques extrêmes. Les zones côtières sont confrontées à la montée des mers et à des événements météorologiques intenses, menaçant les écosystèmes marins et les activités économiques.
Les données de Copernicus Climate Change Service s’inscrivent dans une tendance observée depuis les années 1980, avec des décennies successivement plus chaudes. Les années 2020 pourraient représenter un tournant crucial avec des températures dépassant des seuils critiques.
Action collective urgente
La question n’est plus de savoir si le seuil de 1,5°C sera dépassé, mais pour combien de temps. Les négociations climatiques doivent désormais gérer un dépassement inévitable et en limiter la durée. Les engagements actuels des États sont insuffisants pour inverser la tendance actuelle. Chaque dixième de degré compte, car il influence l’impact sur les écosystèmes et les économies. Un retour sous le seuil de 1,5°C est possible d’ici la fin du siècle avec une réduction drastique des émissions et l’utilisation de technologies de capture du carbone.
Les prochains mois seront cruciaux pour les scientifiques et les décideurs. Si El Niño atteint son pic cet hiver, des records de température mondiaux pourraient être battus, renforçant l’urgence d’une transformation profonde des systèmes énergétiques, industriels et agricoles. L’année 2027 pourrait être déterminante pour susciter une action collective à la hauteur des enjeux climatiques.





