Le 24 septembre 2025, le gouvernement italien, sous la direction de Giorgia Meloni, a présenté une mesure qui pourrait bien changer la donne pour le système de retraite. L’idée consiste à figer l’âge de départ à la retraite à 67 ans. Cette annonce arrive alors que la situation économique est compliquée, avec une dette publique qui inquiète. Le mécanisme actuel, qui adapte l’âge de départ à l’espérance de vie, est remis en question, et cette décision pourrait modifier la donne pour les finances publiques et pour la vie quotidienne des Italiens.
Un système de retraite en pleine mutation
Depuis 2011, l’Italie a opté pour un système où l’âge de départ à la retraite est lié à l’espérance de vie. En 2019, cet âge était établi à 67 ans, avec une révision prévue pour 2027 qui devrait le porter à 67 ans et 3 mois. Le gouvernement pense désormais à figer cet âge jusqu’en 2029. Ce gel remet en question une politique mise en place après la crise des dettes souveraines dans la zone euro, qui visait à ajuster l’âge de départ en fonction de l’évolution démographique.
Cette approche se distingue de celle d’autres pays européens comme le Danemark, où l’âge de départ a été repoussé à 70 ans, ou encore de la France et de l’Allemagne, dont les dirigeants cherchent également à prolonger la durée de travail. Cette différence souligne bien les défis auxquels se heurtent les systèmes de retraite en Europe.
Ce que ça change en termes d’économie et de critiques
Geler l’âge de départ à la retraite pourrait avoir des répercussions notables pour l’Italie. D’après certaines estimations, supprimer l’indexation pourrait coûter environ 0,4 point du PIB au pays d’ici 2040. La dette publique pourrait ainsi grimper pour atteindre 139 % du PIB en 2031, contre une prévision actuelle de 132 %. Claudio Durigon, sous-secrétaire d’État au Travail et membre de la Lega, n’hésite pas à qualifier le mécanisme actuel de « politique brutale envers les travailleurs ».
Giancarlo Giorgetti, ministre des Finances, a expliqué que l’idée de suspendre ce mécanisme est « encore en discussion » et que toute décision devra prendre en compte « la situation économique globale ». De son côté, Tito Boeri, ancien président de l’Istat, met en garde en soulignant que modifier ce système pourrait avoir de grandes répercussions sur la dette publique.
Les points de vue des différents acteurs
Le débat sur ce gel rassemble de nombreux acteurs politiques et sociaux. Giorgia Meloni est ouverte à revoir le mécanisme actuel, tandis que Giancarlo Giorgetti pense à suspendre le relèvement automatique jusqu’en 2029. Les syndicats et le parti d’extrême droite Ligue défendent fermement cette idée, en insistant sur les difficultés que rencontrent notamment les travailleurs âgés dans le secteur industriel.
Parallèlement, Tito Boeri rappelle que « ce mécanisme a une grande valeur et ne doit pas être modifié », avertissant que changer les règles pourrait nuire à la crédibilité économique du pays.
Un défi démographique de taille
L’Italie doit faire face à une baisse rapide de sa population, avec un taux de fécondité tombé à seulement 1,2 enfant par femme. Le vieillissement de la population accentue les problèmes liés au financement des retraites. Dans ce climat délicat, chaque décision concernant le système de retraite prend une importance particulière pour préserver sa viabilité.






