La décision du Premier ministre Sébastien Lecornu de mettre en pause la réforme des retraites de 2023 a fait beaucoup jaser dans tout le pays. Cette mesure, qui repousse tout changement jusqu’au 1er janvier 2028, a été adoptée par l’Assemblée nationale et se trouve au cœur du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), confirme Notre Temps. Elle offre ainsi au gouvernement une pause bien appréciée avant les prochaines élections présidentielles prévues en 2027.
Maintien de l’âge légal de départ à la retraite
L’une des mesures marquantes de cette suspension est de ne pas modifier l’âge légal de départ à la retraite. Alors qu’il était prévu une montée progressive de 62 à 64 ans, cet âge restera fixé à 62 ans et neuf mois jusqu’à fin 2027. Cela concerne particulièrement les travailleurs nés en 1963, 1964 et ceux du premier trimestre 1965. Pour ceux nés en 1963, cela veut dire qu’un départ dès septembre 2025 est envisageable, tandis que les natifs de 1964 pourront partir en octobre 2026 sans atteindre 63 ans. En l’absence d’une nouvelle réforme, les personnes nées en 1965 entameront leur retraite à 63 ans dès janvier 2028.
Durée d’assurance préservée
Parallèlement, la durée d’assurance nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein reste fixée à 170 trimestres jusqu’en janvier 2028. Cette règle s’applique aussi aux générations nées en 1963, 1964 et au début de l’année 1965. La réforme initiale prévoyait une montée progressive à 171 trimestres pour les personnes nées en 1964 et à 172 trimestres pour celles du début 1965. Grâce à cette suspension, ces travailleurs n’auront à valider que 170 trimestres, ce qui représente un avantage considérable.
Coût financier et bénéficiaires
Selon le Premier ministre, cette mesure bénéficie à environ 3,5 millions de Français et coûtera environ 400 millions d’euros en 2026, montant qui pourrait grimper à 1,8 milliard d’euros en 2027. Elle sera proposée sous forme d’amendement au PLFSS pour l’année 2026. Le discours de politique générale prononcé le mardi 14 octobre a permis de rappeler l’importance politique et législative de ce report.
Réactions politiques et syndicales
Les réactions ne se sont pas fait attendre du côté politique. La Confédération française démocratique du travail (CFDT) avait déjà demandé le maintien de l’âge actuel, tandis que le Parti socialiste a soutenu cette proposition de la CFDT pour éviter un vote contraire par le gouvernement. Boris Vallaud, président du groupe socialiste, s’est dit satisfait de cette décision.






