EPR : EDF annonce un devis colossal de 73 milliards d’euros pour six réacteurs

EDF vient de dévoiler un devis vertigineux de 72,8 milliards d’euros pour ses six futurs réacteurs EPR2. Une révision à la hausse qui relance le débat sur le coût réel du nucléaire en France, alors que les enjeux énergétiques, économiques et industriels n’ont jamais été aussi cruciaux.

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EPR : EDF annonce un devis colossal de 73 milliards d’euros pour six réacteurs | journaldeleconomie.fr

Devis révisé : une facture portée à environ 73 milliards d’euros

Electricité de France a présenté à son conseil d’administration, le 18 décembre 2025, une nouvelle estimation provisoire du coût de construction de ses six réacteurs nucléaires de nouvelle génération EPR2. Selon ce chiffrage officiel, le devis total s’élève à 72,8 milliards d’euros en valeurs 2020 (hors coûts de financement) pour l’ensemble du programme réparti sur les sites de Penly, Gravelines et Bugey.

Ce montant a été validé par l’organe de gouvernance d’EDF mais doit encore être audité au premier trimestre 2026 par la Délégation interministérielle au nouveau nucléaire. EDF prévoit également une décision finale d’investissement d’ici fin 2026, après examen et approbation des mécanismes de financement prévus avec l’État et la Commission européenne.

Pourquoi une telle hausse du coût ?

Comparé aux estimations antérieures, cette facture représente une augmentation notable. Le chiffrage initial en 2022 était de 51,7 milliards d’euros pour les six unités. Une estimation révisée en 2023 portait déjà le total à 67,4 milliards d’euros. Le nouveau montant de 72,8 milliards d’euros marque donc une progression d’environ 40 % depuis l’origine.

Cette progression s’explique principalement par :

1) Une provision plus élevée pour les risques
EDF a intégré dans ce devis des marges de sécurité plus importantes pour anticiper les aléas industriels, logistiques et techniques liés à un chantier d’une telle ampleur.

2) Les efforts d’optimisation identifiés mais encore à concrétiser
L’entreprise évoque une série de “pistes d’économies” grâce aux retours d’expérience tirés des précédents projets EPR (comme Flamanville ou Hinkley Point), notamment pour simplifier la construction et réduire les délais.

Malgré ces ambitions de maîtrise de coûts, des voix extérieures soulignent le caractère incertain de la trajectoire budgétaire, notamment si l’on inclut les charges d’intérêts et l’impact des retards éventuels.

Un chantier lourdement financé et encadré, mais risqué

Pour alléger l’effort financier et sécuriser le programme, plusieurs dispositifs de soutien public sont prévus :

  • Un prêt à taux bonifié de l’État couvrant au moins la moitié des coûts de construction.
  • Un contrat pour différence (CfD) d’une durée de 40 ans, garantissant un prix de vente de l’électricité.
  • Une répartition des risques entre l’État et EDF.

Ces mécanismes doivent encore recevoir l’aval de la Commission européenne, condition indispensable pour valider définitivement l’investissement.

Quels enjeux pour la production d’électricité et l’économie française ?

La construction des six réacteurs EPR2 s’inscrit dans une stratégie plus large qui est de maintenir et renouveler le parc nucléaire français. Celui-ci fournit en effet aujourd’hui une part majeure de l’électricité du pays. Et répondre à une prévision de croissance de la demande électrique, notamment liée à l’essor des data centers et de l’électrification de l’économie.

EDF table aussi sur une baisse de 30 % du coût unitaire entre le premier et le dernier réacteur, grâce à la construction en série et aux enseignements tirés des premières unités.

Risques et erreurs à éviter : leçons du passé

L’histoire récente des EPR en Europe montre que ces projets comportent des défis importants, comme l’EPR de Flamanville (3) qui a connu des retards considérables et des surcoûts lourds, avec un coût total dépassant largement les prévisions initiales.

Cette expérience passée a nourri les préoccupations des acteurs de l’industrie et des observateurs quant à la capacité d’EDF à maîtriser les budgets de ces mégachantiers. Mais EDF insiste toutefois sur le fait que les enseignements tirés des précédents projets font désormais partie intégrante de la planification du programme EPR2.

1 réflexion au sujet de « EPR : EDF annonce un devis colossal de 73 milliards d’euros pour six réacteurs »

  1. Certains trouveront que 72 Mds € c’est élevé, surtout ceux qui sont imperméables aux justifications techniques et ne rêvent que d’éoliennes et de solaire.
    Qu’ils comparent donc ce chiffre aux 120 Mds € de SUBVENTIONS à ces énergies intermittentes, montant fourni par la Cour des comptes il y a déjà 3 ans. Et ce sont des subventions, il faut y ajouter les coûrts de construction, et savoir que ces énergies intermittentes sont par contrat payées à un prix fixe très supérieur au prix du kWh nucléaire.
    C’est juste la réalité, elle est vérifiable et ça permet de relativiser.

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