La Bulgarie va franchir une étape importante de son intégration européenne en adoptant l’euro comme monnaie officielle à partir du 1er janvier 2026. Sofia abandonnera ainsi le lev, monnaie nationale en vigueur depuis 1885, pour rejoindre les 21 pays de la zone euro. L’annonce, faite initialement en juillet 2025, suscite autant d’espoirs d’une meilleure intégration économique que d’inquiétudes dans la population, notamment la crainte d’une flambée des prix, comme on l’a observé dans d’autres États, par exemple la Croatie.
Vers une intégration européenne
Cette entrée dans la zone euro intervient 19 ans après l’adhésion de la Bulgarie à l’Union européenne en 2007. Souvent qualifiée de « la plus pauvre nation des Balkans », la Bulgarie espère renforcer son économie avec le soutien de ses partenaires européens. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a salué la démarche en disant que « l’euro va renforcer l’économie bulgare et apporter d’importants avantages aux citoyens et aux entreprises de ce pays ». Le Premier ministre bulgare, Rossen Jeliazkov, a lui aussi accueilli la décision avec enthousiasme, la qualifiant « d’historique » et déclarant : « Nous l’avons fait ! », rapporte La Tribune.
Le processus d’adhésion et les enjeux économiques
L’adhésion de la Bulgarie à la zone euro a été approuvée par les ministres des Finances de l’Union européenne le 8 juillet. Le processus comporte une évaluation stricte pour vérifier que les pays candidats respectent des critères de stabilité économique, notamment une dette publique inférieure à 60 % du PIB et une inflation faible. Aujourd’hui, 350 millions de personnes utilisent la monnaie unique en Europe, un symbole de souveraineté et d’unité auquel la Bulgarie sera rattachée une fois la transition achevée.
Malgré ces perspectives favorables, des inquiétudes persistent. L’exemple de la Croatie, qui a adopté l’euro en 2023, a vu des hausses de prix, un phénomène qui inquiète les Bulgares. À Sofia, plusieurs milliers de manifestants ont défilé avec des pancartes « Non à l’euro », exprimant leurs craintes quant aux conséquences possibles sur le coût de la vie.
Un paysage géopolitique qui change
La Bulgarie, bordée par la mer Noire et voisine de la Grèce, possède des sites historiques comme Plovdiv, considérée comme la plus ancienne cité d’Europe encore habitée, et des villages pittoresques tels que Momchilovtsi, surnommé « le village de la longévité ». Ses plages aux eaux turquoise restent un atout majeur pour le tourisme, et l’adoption de l’euro pourrait simplifier les paiements pour les touristes européens.
Aujourd’hui, sept États membres de l’UE conservent encore leur propre monnaie, parmi lesquels la Suède, le Danemark et la Hongrie. Tous se sont engagés à rejoindre la zone euro quand ils rempliront les conditions, sauf le Danemark qui a négocié une exemption après un référendum en 2000.


