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GiFi va déposer le bilan : ce que les employés de votre magasin savent déjà sur la fermeture et que personne ne vous dit encore

Trois mois de trésorerie, 513 magasins et 6 000 emplois en suspens. Gifi demande la protection du tribunal de Toulouse. Redressement ou liquidation : quel scénario va trancher le sort de l’enseigne ?

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GiFi va déposer le bilan : ce que les employés de votre magasin savent déjà sur la fermeture et que personne ne vous dit encore
GiFi va déposer le bilan : ce que les employés de votre magasin savent déjà sur la fermeture et que personne ne vous dit encore © journaldeleconomie.fr

Gifi a annoncé, lundi 19 octobre 2026, le dépôt de bilan de l’enseigne. Le groupe demande la protection judiciaire du tribunal de commerce de Toulouse, dans l’espoir de geler une partie de ses dettes pour bâtir un modèle économique viable.

L’information a été révélée par le journal Sud Ouest, qui décrit une situation inextricable pour le spécialiste du bazar à petits prix. Les mandataires judiciaires ont déjà été avisés.

L’enseigne compte 513 magasins en France et emploie près de 6 000 salariés, dont 10 % travaillent à Villeneuve-sur-Lot, où se trouve le siège social. L’ampleur du réseau donne la mesure de ce qui se joue : derrière les chiffres, ce sont des centaines de points de vente et des milliers d’emplois dont l’avenir dépend désormais des décisions du tribunal.

Une trésorerie réduite à trois mois

Les comptes racontent l’ampleur du trou. Le chiffre d’affaires 2025 approcherait 1 milliard d’euros, pour des pertes proches de 100 millions d’euros sur la même période. En 2025, les principales banques créancières, dont BNP Paribas et le Crédit Agricole, étaient déjà entrées à hauteur d’environ 40 % au capital de l’entreprise, en échange d’un effacement partiel de la dette et d’une injection proche de 100 millions d’euros.

Cet effort n’a pas suffi. Les banques auraient ensuite refusé d’apporter 50 millions d’euros supplémentaires. Gifi ne disposerait plus que de trois mois de trésorerie.

Un comité d’entreprise extraordinaire doit officialiser la situation auprès des salariés mardi 20 octobre. Un second comité social et économique extraordinaire est programmé le lendemain, mercredi 21 octobre, pour présenter les scénarios envisagés :

  1. déclaration de cessation des paiements au greffe,
  2. ouverture d’un redressement judiciaire devant le tribunal de commerce de Toulouse,
  3. ou liquidation si aucun plan de reprise n’apparaît crédible.

Le chef d’entreprise dispose en principe de 45 jours pour déclarer la cessation des paiements, une fois celle-ci constatée.

Les difficultés ne datent pas de ce lundi. Un déploiement informatique raté, débuté en 2023, a perturbé la gestion des stocks pendant des mois. Depuis plusieurs mois déjà, l’enseigne n’était plus en capacité de renouveler ses stocks ni d’honorer ses créances. Une première procédure de conciliation avait été ouverte dès février 2024, homologuée en mai de la même année, avec un apport en compte courant d’environ 100 millions d’euros via la maison mère.

La gouvernance a connu une valse de dirigeants depuis la mise en retrait du fondateur Philippe Ginestet, fin 2024. Patrick Puy, spécialiste des restructurations, a été nommé président du directoire le 12 octobre 2026, quatrième dirigeant en date. Ginestet reste actionnaire majoritaire, avec 60 % des parts, et préside le conseil de surveillance.

Sur le terrain commercial, Gifi affronte la montée en puissance d’Action, qui revendique environ 900 magasins en France, ainsi que la concurrence de B&M et des plateformes chinoises comme Temu. La montée en gamme de l’enseigne lui a par ailleurs fait perdre une partie de sa clientèle historique, dans un segment du bazar discount jugé saturé.

En avril 2026, Grand Frais avait racheté 25 magasins Gifi pour y ouvrir de nouveaux points de vente, une opération censée renflouer les caisses de l’enseigne.

Les conséquences concrètes dépendront désormais du scénario retenu par le tribunal. En cas de redressement judiciaire, les magasins restent généralement ouverts pendant la période d’observation, le temps de tester la viabilité de l’activité ou de préparer des reprises partielles ; les salaires dus sont alors pris en charge par le régime de garantie des salaires. Une liquidation immédiate aurait des effets plus brutaux, avec des fermetures rapides et des licenciements économiques massifs.

Côté clients, les cartes cadeaux, avoirs et bons d’achat continueront d’être acceptés tant que les magasins fonctionnent, mais deviendront des créances si l’enseigne cesse de les honorer. Les fournisseurs, eux, doivent déclarer rapidement leurs créances auprès du mandataire judiciaire une fois la procédure ouverte.

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