Le 11 novembre 2025, une annonce immobilière publiée dans le XIIᵉ arrondissement de Paris a suscité l’indignation. Le bien ? Un simple débarras de 2 m² affiché à 14.000 euros. Dans une capitale où la tension locative atteint des niveaux records, cette proposition symbolise les excès d’un marché immobilier toujours plus déconnecté des réalités du logement.
Un « espace cosy et intimiste » de deux mètres carrés
Selon Le Parisien, l’annonce vantait un local de deux mètres carrés présenté comme pouvant être « transformé en un espace de vie cosy et intimiste ». L’acheteur potentiel y voyait, disait-il, un « petit projet » à réaménager. Le tarif affiché, 14.000 euros, correspond à près de 7.000 euros le mètre carré.
Face aux réactions outrées, l’agent immobilier a tenu à clarifier : « Ce n’était à aucun moment envisagé comme un logement. Il n’y a pas d’électricité, pas d’eau. Pour moi, c’est une pièce qui peut servir de stockage ou de petit bureau », rapporte BFM TV. Il ajoute que le mot maison a été utilisé faute de catégorie débarras sur la plateforme. L’annonce avait, selon lui, un « ton décalé », presque humoristique, pour « donner un peu de vie » à un bien difficile à présenter.
Reconnaissant avoir manqué de prudence, il a présenté ses excuses : « Si ça a été mal perçu, je m’excuse. Je vais suspendre l’annonce et retravailler le texte », confie-t-il. Une démarche qui tranche avec la viralité moqueuse du sujet sur les réseaux sociaux.
Paris : un marché immobilier sous haute pression
Ce fait divers immobilier s’inscrit dans un contexte plus large de pénurie de logements à Paris. D’après une analyse du site SeLoger (mai 2025), le volume d’annonces locatives disponibles a chuté de 25% par rapport à la période pré-Covid. La capitale continue d’attirer étudiants, actifs et investisseurs, mais l’offre se contracte sans cesse, accentuant la compétition entre candidats.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon Meilleurtaux.com (16 septembre 2025), un studio parisien reçoit en moyenne 743 candidatures. « Certains logements dépassant même le seuil des 1 000 sollicitations » précise même le site. Même des biens atypiques trouvent preneur en quelques jours. Cette pression constante explique pourquoi des surfaces ridiculement petites sont encore envisagées comme des « opportunités » par certains vendeurs.
Entre encadrement des loyers et envolée des prix
Malgré l’encadrement instauré depuis plusieurs années, le coût du logement reste vertigineux. En 2025, le loyer moyen atteint 1.154 euros par mois pour 29,6 m², soit environ 40 euros par mètre carré, selon le site Bourse des Crédits (3 novembre 2025). Ces chiffres, déjà parmi les plus élevés d’Europe, alimentent une frustration croissante.
Pour de nombreux Parisiens, les annonces de logements minuscules à prix d’or ne relèvent plus de l’anecdote, mais du symptôme : celui d’un marché où la rareté a remplacé la décence. L’épisode du débarras à 14.000 euros résume à lui seul cette dérive. Même si le vendeur s’est excusé, son annonce rappelle que l’immobilier parisien reste un terrain où tout, ou presque, finit par se vendre.



