Au départ, c’était simple. On allait taxer les ultra-riches. Ceux à plus de cent millions d’euros, ces figures abstraites sorties des classements de Forbes. C’était le grand récit de Gabriel Zucman : les riches ne paient pas d’impôts, les pauvres, eux, oui. Une injustice flagrante ! Peu importent les approximations : on mélange les revenus des entreprises et les revenus personnels, on appelle ça du “revenu économique”, et on s’arrange pour que les chiffres racontent l’histoire qu’on veut entendre. Peu importe aussi que la redistribution en France fasse déjà des miracles comparés au reste du monde, que le flux net soit positif pour les plus modestes, bref, que tout cela soit économiquement faux. Ce qui compte, c’est la bonne conscience.
Des ultra-riches aux classes moyennes supérieures
Mais la machine s’emballe. L’idée d’un impôt sur les fortunes colossales déclenche un débat, et comme souvent, l’utopie se heurte à la réalité. On découvre qu’il n’y a pas tant de fortunes à 100 millions en France, et surtout que celles-ci sont souvent déjà très imposées, investies, créatrices d’emplois. Alors on descend d’un cran : on s’attaque aux holdings. On divise par dix. Dix millions, c’est encore riche, non ? C’est effectivement une belle somme, mais c’est souvent le patrimoine d’un entrepreneur qui a réussi, qui a créé de la valeur, qui a pris des risques et qui réinvestit dans son entreprise. Mettre une taxe sur les holdings, c’est donc s’attaquer directement aux entrepreneurs, c’est-à-dire aux principaux créateurs de valeur et d’emplois du pays. Et là encore, on s’aperçoit que la holding n’est pas un outil de fraude mais un outil de gestion : elle permet d’investir, de transmettre, d’organiser ses affaires. Mais peu importe, on veut du symbole. Alors on continue à descendre. Cinq millions, puis un million. Et nous voilà arrivés à l’impôt sur la fortune financière, à partir de 1,3 million d’euros. Une somme qui paraît vertigineuse dans les discours, mais qui, dans les faits, correspond à un appartement acheté 200 000 francs dans les années 1990, aujourd’hui revalorisé, plus un peu d’épargne et une assurance-vie. Autrement dit : la vie de milliers de Français qui ont travaillé, épargné, payé leurs impôts, élevé leurs enfants et voulu simplement se constituer un patrimoine. Ces gens-là sont aujourd’hui traités comme des nantis.
Le piège de la relativité
Le plus grave, c’est la dérive logique. À force de manipuler les symboles, on glisse vers une inflation fiscale où le “riche” devient une notion élastique. 100 millions hier, 10 millions ensuite, 1,3 million aujourd’hui, et demain ? La médiane du patrimoine en France en 2021 était de 124 000 euros. Cela signifie que 50 % des Français possèdent moins que cela, et 50 % plus. On pourrait donc, en reprenant le raisonnement de nos apprentis fiscalistes, dire que tous ceux qui ont plus de 124 000 euros sont des “riches” et 250 000 des ultras nantis. Pourquoi pas alors au nom de la justice fiscale ne pas faire participer ces nantis possédant plus de 250 000 euros de patrimoine ? Pourquoi le propriétaire d’une maison dans une banlieue où les prix ont grimpé ne paierait-il pas, lui aussi ? Après tout, s’il possède une maison valant 500 000 euros, on pourrait lui appliquer le même raisonnement : 1 % d’impôt par an, cela ferait 5 000 euros à payer, simplement pour avoir eu le tort d’habiter dans une commune où les prix ont augmenté. Ce serait absurde, mais c’est exactement la logique à laquelle mène cette inflation fiscale : chaque nouveau seuil abaisse la définition du “riche”, jusqu’à englober monsieur et madame Tout-le-monde.
Une inflation contre la liberté
L’inflation monétaire appauvrit les peuples ; l’inflation fiscale, elle, les dresse les uns contre les autres. Elle tue la liberté, la réussite et le mérite. Car chaque euro d’impôt de plus, chaque seuil abaissé, ne punit pas les “grands méchants riches” de la propagande : il punit le commerçant qui a travaillé quarante ans, l’artisan qui a bâti son atelier, le cadre qui a économisé pour sa retraite. C’est une guerre culturelle, une guerre contre la réussite individuelle. Et comme souvent dans l’histoire, la fin est connue : quand tout le monde devient riche aux yeux de l’État, plus personne n’a les moyens de l’être.




Belle morale à la fin de l’article :
quand tout le monde devient riche aux yeux de l’État, plus personne n’a les moyens de l’être.
Ou plus simplement :
quand tout le monde devient riche aux yeux de l’État, plus personne ne l’est.
L’exemple soviétique a bien inspiré nos apparatchiks actuels, mais qu’ils profitent rapidement de leur confort de parasites : l’UERSS connaîtra la même fin que l’URSS, voire pire à cause d’une submersion migratoire vis à vis de laquelle beaucoup d’individus refusent de voir les conséquences.