La mort de Quentin à Lyon : LFI peut-elle continuer à faire comme si de rien n’était ?

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Crédit photo JDE | journaldeleconomie.fr

Quentin, 23 ans, est mort à Lyon après une agression d’une brutalité sidérante, filmée, collective, lâche avec 6 individus s’acharnant sur une personne à terre. L’enquête dira qui a porté les coups mortels. Mais LFI ne peut pas faire semblant de ne rien voir : quand des proches, des cadres, des relais, des satellites de l’organisation gravitent dans l’écosystème de la violence de rue, la question de la responsabilité morale et organisationnelle se pose. 

Ce que l’on sait, ce que l’enquête dit, et ce que personne n’a le droit de minimiser

Quentin a été mortellement agressé à Lyon par des activistes venant de l’ultra gauche en marge d’un évènement lié à la venue de Rima Hassan. Il était venu pour assurer la sécurité de militantes du groupe Némésis qui voulaient déployer une banderole pour protester contre la venue de l’eurodéputée LFI. Il a succombé à un traumatisme crânien majeur et le parquet a communiqué sur une agression commise par “au moins six individus”, avec une qualification pénale qui a évolué au fil des éléments (enquête criminelle annoncée, auditions, exploitation des vidéos). Le point essentiel, c’est celui-ci : ce n’est pas une “bousculade”, pas une “rixe” anodine, pas un accident de manif ; on parle d’un passage à tabac collectif et d’un décès, et à ce niveau-là, toutes les pirouettes sémantiques relèvent déjà de la complicité morale. Les images de l’agression donnent la nausée: des hommes s’acharnent sur un corps à terre. Ce n’est pas une bagarre c’est un lynchage lache. Lorsqu’on entend Sandrine Rousseau défendre les soi-disants militants antifascistes c’est pire qu’une faute morale c’est cautionner la violence aveugle de ces groupuscules qui sont une honte de notre démocratie. Lorsqu’on voit ces différents députés LFI condamner du bout des lèvres les violences sans totalement désavouer cette violence politique sur le thème « lutter contre le fascisme c’est quand même bien » on se demande quelle conception de la démocratie ont ils.

LFI n’a probablement pas “organisé” l’agression, mais le soupçon d’implication d’un collaborateur parlementaire change la gravité politique du dossier

Plusieurs témoins affirment avoir reconnu sur place Jacques-Élie Favrot le collaborateur parlementaire LFI de Raphael Arnault. La justice n’a pas encore confirmé sa présence, mais ces témoignages concordants suffisent déjà à poser une question politique majeure. À partir du moment où un collaborateur parlementaire, c’est-à-dire un agent exerçant au cœur même de l’Assemblée nationale, se retrouve impliqué dans une affaire de violence mortelle, il ne s’agit plus d’un incident périphérique ni d’un fait divers isolé. Un collaborateur n’est pas un militant anonyme : il est choisi, recruté, introduit dans l’appareil institutionnel par un député et agit sous sa responsabilité politique. Dès lors, ce type d’affaire engage nécessairement l’organisation qui l’a fait entrer dans la sphère du pouvoir. Et cette situation ne peut être dissociée d’un autre choix politique majeur : lorsque LFI a investi Raphaël Arnault comme candidat puis député, le mouvement connaissait parfaitement son parcours, son rôle de fondateur de la Jeune Garde lyonnaise et l’écosystème militant dont il était issu, un milieu où la violence est assumée comme mode d’action. Dans ces conditions, parler d’accident isolé relève de l’aveuglement volontaire : c’est bien la question d’une culture politique, d’une sélection des profils et d’une tolérance implicite envers la violence militante qui se trouve posée.

Raphaël Arnault comme député LFI : normaliser des structures qui flirtent avec la violence

Raphaël Arnault est le fondateur de la jeune garde.  Leur symbole avec 3 flèches ressemble fortement à ceux des nazis bien qu’il fasse référence à des socialiste de l’entre-deux guerres. Raphael Arnault a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour des faits de “violences en réunion”. Le 24 avril 2021, rue des Capucins à Lyon, dans un contexte de tensions entre des activistes de la jeune garde et personnes perçues comme proches de la mouvance identitaire, un jeune homme de 18 ans se retrouve pris à partie par un groupe d’individus. Selon les faits retenus par le tribunal correctionnel, il est encerclé puis frappé par plusieurs membres du groupe, recevant des coups dans une agression collective qualifiée juridiquement de « violences volontaires en réunion ». La justice a considéré que Raphaël Arnault faisait partie de ce groupe et participait à l’action au moment des violences. Ces éléments ont conduit à sa condamnation, devenue définitive après son désistement d’appel. Pour LFI le fait d’investir, une figure condamné et issue d’un milieu où la violence de rue est habituelle revient à cautionner celle-ci comme une méthode “militante” acceptable. A noter que le collectif d’ultra gauche est considéré comme tellement violent qu’un décret de dissolution est pris en Conseil des ministres le 12 juin 2025.

Quand une formation traite la violence de rue comme un folklore, quand elle s’entoure de profils passés par des structures accusées d’agressions, quand elle se drape dans la posture morale (“antifascisme”) pour esquiver la question des méthodes, elle fabrique mécaniquement un espace où l’ensauvagement militant devient pensable. Et si, demain, l’enquête confirme que des proches d’un député LFI ont participé à cette nuit-là, alors ce ne sera pas “une récupération” de demander des comptes : ce sera la moindre des choses. 

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