La RATP a annoncé la vente prochaine de ses activités de bus à Londres à FirstGroup pour 90 millions de livres sterling. Une décision stratégique pour se recentrer sur le rail urbain, un secteur où elle vise une expansion mondiale.
Une page se tourne pour la RATP à Londres
Le groupe français de transport public, via sa filiale RATP Dev, a conclu un accord d’exclusivité pour la vente de ses activités de bus à Londres à FirstGroup, acteur majeur du transport au Royaume-Uni. Cette opération concerne les trois filiales londoniennes du groupe – London United Busways, London Sovereign et London Transit – regroupées sous le nom RATP Dev Transit London (RDTL).
Ces entités gèrent 89 lignes de bus, principalement dans l’ouest et le centre de Londres, avec une flotte de 982 véhicules, dont 34 % sont électriques. Chaque année, elles assurent 180 millions de trajets pour le compte de Transport for London (TfL).
Cette cession, évaluée à 90 millions de livres sterling (environ 108 millions d’euros), marque la fin d’une décennie de présence significative de la RATP dans le paysage des transports londoniens. Selon Mehdi Sinaceur, directeur général adjoint de RATP Dev, cette décision s’inscrit dans une stratégie de concentration sur les marchés où le groupe dispose d’une expertise reconnue : « Cette vente permettra à RATP Dev de se focaliser sur ses projets dans le métro automatique et le rail urbain, secteurs au cœur de notre savoir-faire. »
Un repositionnement stratégique vers le rail
RDTL a traversé une période difficile ces dernières années, notamment avec l’hyperinflation de l’énergie et des salaires post-Covid et la concurrence féroce du marché londonien. Cependant, après plusieurs années de redressement, ses performances se sont améliorées. Si ces activités de bus ne représentaient que 12 % du vaste réseau de transport londonien, elles pesaient lourdement sur les finances de la RATP. FirstGroup, qui ambitionne de renforcer son engagement en faveur de la mobilité durable, prévoit d’investir pour atteindre 100 % de bus électriques d’ici 2030.
Cette cession marque un tournant dans la stratégie internationale de la RATP, qui mise désormais sur le développement du rail urbain à travers le monde. Déjà impliquée dans six projets majeurs de métros automatiques, dont deux lignes à Riyad, en Arabie saoudite, la RATP vise également des appels d’offres en Australie, à Singapour et à Los Angeles. En parallèle, le groupe poursuit l’expansion de ses activités ferroviaires en France et à l’étranger.
Mehdi Sinaceur se veut optimiste quant à l’avenir : « L’international est pour nous une source de croissance rentable. Grâce à notre expertise, nous abordons ces nouveaux marchés avec confiance. » Avec cette réorientation stratégique, la RATP entend consolider sa position de leader mondial du rail urbain tout en répondant aux défis de la mobilité durable.


