Le gouvernement souhaite augmenter la taxe sur les billets d’avion pour répondre aux impératifs écologiques et budgétaires. Une mesure qui suscite de vives critiques, notamment de la part du secteur aérien, inquiet des répercussions économiques et sociales.
Air France-KLM monte au créneau contre la taxe sur les billets d’avion
L’idée d’augmenter la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) divise. Initialement proposée dans le projet de budget 2025 de Michel Barnier, cette mesure a été reprise par le gouvernement de François Bayrou, notamment défendue par la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin. Elle estime que cette hausse est une « mesure de justice fiscale et écologique », soulignant que les voyageurs aisés sont les principaux utilisateurs du transport aérien.
Cependant, pour Benjamin Smith, directeur général d’Air France-KLM, cette décision est « irresponsable ». Dans un entretien au Parisien, il a rappelé que la France est déjà l’un des pays européens où le transport aérien est le plus lourdement taxé. Selon lui, la nouvelle taxe pourrait coûter à sa société 130 millions d’euros par an, compromettant ainsi son équilibre financier. « Cela voudrait dire moins de lignes, moins de croissance et donc moins d’embauches », a-t-il alerté.
Un impact sur le secteur aérien
Au-delà des conséquences pour sa propre entreprise, Benjamin Smith a mis en garde contre les effets d’une telle mesure sur l’ensemble du secteur aérien français et l’économie nationale. « Depuis 20 ans, nous perdons 1 à 2 % de parts de marché par an au profit de compagnies étrangères », a-t-il expliqué, évoquant le risque de voir le trafic aérien se détourner vers d’autres pays. Il qualifie cette taxation de véritable « taxe d’accès à la France ».
Les fédérations du secteur aérien ont également réagi, demandant au gouvernement une concertation approfondie et une réflexion sur un usage plus ciblé des recettes générées, notamment pour financer la décarbonation du secteur. Cette revendication s’appuie sur l’urgence de concilier impératifs environnementaux et compétitivité économique.
L’augmentation envisagée de la taxe sur les billets d’avion pose la question de l’équilibre entre justice sociale, objectifs climatiques et pérennité économique. Si le gouvernement poursuit dans cette direction, des ajustements pourraient être nécessaires pour éviter une fragilisation accrue du secteur aérien français.


