Légal mais coupable. Le nouveau procès moral de l’optimisation fiscale

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Chatgpt Image 29 Oct. 2025 à 16 36 30
Procès moral d'un chef d'entreprise | journaldeleconomie.fr

En France, appliquer la loi, c’est déjà suspect. Optimiser selon les règles, c’est presque un crime d’État. Le plus ironique ? Ce procès moral n’a rien à voir avec l’impôt lui-même, mais avec une obsession : punir ceux qui ont eu la mauvaise idée d’être utiles au pays.

Quand l’État propose et que la foule condamne
Les incitations fiscales sont une invention très simple : l’État dit aux citoyens où son argent serait mieux employé. Logement, emploi déclaré, associations d’intérêt général, investissements Outre-mer : chaque niche est un fléchage vers l’économie réelle. Mais si vous répondez à cet appel, vous voilà instantanément scellé au pilori. Ce qui devait encourager l’action finit par punir l’obéissance. La France a inventé un modèle unique : l’incitation fiscale punitive. On vous tend une clé pour ouvrir la porte du civisme économique, et aussitôt, on vous accuse d’avoir fracturé la serrure.

La morale à géométrie variable du contribuable français
Optimiser, c’est légal ; frauder, c’est illégal ; mais en France, c’est l’inverse qui choque. Le plombier payé en liquide est un héros populaire. L’entreprise qui déclare tout mais déduit le permissible ? Une menace sociale, apparemment. On pratique la morale fiscale comme on pratique la météo : un coup pour soi, un coup contre les autres. On veut une fiscalité “juste”, à condition de ne pas être concerné. Le contribuable optimise légalement : salaud. Le voisin fraude modestement : malin. La vertu fiscale, chez nous, est un miroir déformant qui ne reflète que la jalousie.

Une économie sacrifiée sur l’autel du ressentiment
L’entreprise a un rôle simple : produire, investir, embaucher. Cela suppose de maîtriser ses coûts, donc ses impôts. C’est du bon sens comptable, devenu chez nous un scandale éthique. Réclamer que l’entreprise verse plus d’impôts, c’est demander moins d’investissements, moins de salaires, moins d’avenir. Mais la jalousie ne lit pas les bilans. Accuser ceux qui créent la richesse est plus facile que faire les réformes qui permettraient d’en créer davantage. Il vaut mieux s’indigner que comprendre : ça demande moins d’efforts et ça remplit les plateaux télé.

Retrouver le réel avant de se réveiller ruinés
L’optimisation fiscale n’est pas un sujet moral : c’est un outil d’efficacité économique, voulu par l’État, utilisé par ceux qui prennent des risques. La véritable faute serait qu’ils cessent de le faire. À force de sacrifier le bon sens sur l’autel du ressentiment, on finira par réaliser que la vertu ne paie pas les factures, et que l’emploi national ne se finance pas avec la haine de ceux qui le font vivre. En France, on adore faire payer ceux qui produisent. On le regrette toujours un peu tard : quand ils ne produisent plus.

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