Dès le 1er mars pour les fonctionnaires et le 1er avril pour les salariés du privé, les règles d’indemnisation des arrêts maladie seront modifiées.
Un nouveau calcul des indemnités pour limiter le déficit
Le gouvernement espère réduire le déficit de la Sécurité sociale, qui pourrait dépasser 22 milliards d’euros en 2025. Selon l’économiste de la santé Frédéric Bizard interrogé par TF1, ces ajustements devraient permettre des économies d’au moins 600 millions d’euros. Une estimation que les inspections générales des finances (IGF) et des affaires sociales (Igas) portent à 900 millions d’euros sur une année complète.
Actuellement, les salariés du privé perçoivent une indemnité journalière à hauteur de 50 % de leur salaire, avec un plafond équivalant à 1,8 fois le Smic. À partir du 1er avril, ce plafond sera abaissé à 1,4 Smic. Concrètement, cette modification représentera une perte pouvant aller jusqu’à 20 % des indemnités journalières, soit environ 12 euros par jour pour les salariés concernés.
Pour certains travailleurs, notamment ceux en arrêt prolongé sans prévoyance ou avec une faible ancienneté, l’impact sera encore plus marqué. Selon le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP), ces salariés pourraient voir leur revenu baisser de 360 euros bruts par mois. La CFDT dénonce une « mesure brutale », qui toucherait les employés les plus vulnérables, notamment les jeunes en CDD et les travailleurs du particulier employeur.
Une baisse de la prise en charge pour les fonctionnaires
Par ailleurs, ce changement affectera aussi les entreprises. Celles-ci devront compenser la diminution des indemnisations versées par la Sécurité sociale afin de garantir le maintien de salaire prévu dans certains accords collectifs. « C’est une double peine pour l’entreprise : elle perd un salarié dont elle a besoin et doit en plus compenser ces indemnisations réduites », réagit Caroline Pailloux, dirigeante d’Ignition Program.
Les agents du service public seront également concernés par ces restrictions. Jusqu’à présent, ils bénéficiaient d’une indemnité à 100 % durant les trois premiers mois d’arrêt maladie. Dès le 1er mars, cette indemnité passera à 90 % du salaire pendant cette période. Au-delà de trois mois d’arrêt, la prise en charge tombera à 50 % du traitement, comme c’est déjà le cas aujourd’hui.
Si ces modifications visent à contenir les dépenses publiques, elles risquent d’entraîner des difficultés financières pour de nombreux travailleurs. Un décret officiel doit encore être publié dans les prochains jours pour préciser les modalités exactes de cette réforme.
