La sécurité des chéquiers reste une vraie préoccupation en France, malgré une utilisation qui diminue de ce moyen de paiement. De nombreux Français, en particulier les seniors, continuent d’utiliser des chèques, et les autorités resserrent la visière pour éviter les détournements de fonds et protéger les usagers honnêtes. Ces mesures interviennent aussi pendant que les transactions se déplacent, soulignant l’importance de la prévention des fraudes.
Le FNCI renforcé pour mieux détecter
Le Fichier national des chèques irréguliers a été renforcé par une nouvelle loi du 6 novembre 2025. Ce fichier, qui recense déjà les incidents de paiement liés aux chèques, voit maintenant son usage optimisé. Les banques ont dorénavant l’obligation de signaler directement au FNCI tout rejet de chèque dû à des falsifications ou des contrefaçons, informe L’Internaute.
Le protocole de consultation du FNCI a aussi été modifié. Avant, les banques n’interrogeaient le FNCI qu’au moment de l’encaissement d’un chèque. Désormais, elles peuvent vérifier sa régularité dès sa remise par le client, ce qui permet d’anticiper et de prévenir les fraudes avant même le crédit sur le compte. Si cette mesure renforce la sécurité des opérations, elle a aussi suscité des inquiétudes chez les usagers, qui peuvent désormais faire face à des délais supplémentaires avant de pouvoir disposer de leurs fonds.
Le FNC-RF, un fichier pour centraliser les comptes suspects
Autre nouveauté : le Fichier national des comptes signalés pour risque de fraude (FNC-RF). Géré par la Banque de France et financé par les contributions des prestataires de services de paiement, ce fichier centralise les coordonnées bancaires des comptes jugés suspects par les banques. L’idée est de faciliter le partage d’informations pertinentes entre les établissements, pour améliorer la détection proactive des fraudes.
Plusieurs acteurs peuvent intervenir dans ce dispositif, comme l’Urssaf, qui peut signaler directement des comptes suspects à la Banque de France. Les questions de protection des données personnelles ont été prises en compte : la CNIL est appelée à rendre un avis sur la collecte, la conservation et la consultation des données, en vérifiant la conformité des pratiques avec le RGPD.
Ce que ça change pour les pratiques bancaires et les droits des clients
Le renforcement des contrôles des chèques et la création du FNC-RF modifient le quotidien des clients et des établissements bancaires. Lors de la remise d’un chèque, les vérifications peuvent retarder le crédit sur le compte, ce qui peut être gênant pour l’utilisateur. En cas de litige, le client doit montrer patte blanche et prouver sa bonne foi pour éviter d’être fiché à tort.
Pour les banques, l’objectif est simple : déceler plus efficacement les fraudes pour limiter les montants détournés chaque année. 89 % des fraudes en 2024 concernaient des chèques perdus ou volés, un chiffre alarmant souligné par Moneyvox. Cette initiative se justifie en partie par ce constat, même si elle peut compliquer la vie des usagers.



