Des prix à la consommation en baisse en août
Au mois d’août, les prix à la consommation ressortent à -0,2% par rapport au même mois de 2019, alors qu’ils avaient atteint +0,4% en juillet. En retirant les produits alimentaires et l’énergie (ce poste pesant lourd dans le calcul de l’inflation), les prix ont connu une hausse de 0,6% le mois dernier sur un rythme annuel, bien moins que le niveau enregistré en juillet (+1,3%). Et en retirant l’évolution des prix du tabac et de l’alcool, eux aussi volatils, l’inflation est de 0,4% en août, contre 1,2% en juillet. Une des missions de la Banque centrale européenne est de maintenir l’inflation un peu en dessous de 2% sur l’année : le bilan estival en est très éloigné.
Avec des niveaux d’inflation si faibles, la crainte de la déflation est réelle, or c’est précisément ce que la BCE cherche à éviter, bien que le résultat enregistré en août soit surtout dû à l’évolution des prix de l’énergie. Le gouverneur de la banque centrale finlandaise, Olli Rehn, prévient que la zone euro est susceptible de « tomber dans le piège » : croissance économique couplée à des niveaux d’inflation lents pendant une longue période. Il existe un risque que la tendance se poursuive si « l’inflation dans la zone euro est constamment trop basse ».
Déterminant fondamental
Christine Lagarde, la présidente de l’institution, a expliqué que la variation des prix à la consommation était surveillée de près. Ce d’autant que la monnaie unique européenne s’est appréciée ces dernières semaines face au dollar, ce qui est de nature à limiter la hausse des prix. Pour Luis de Guindos, vice-président de la BCE, le taux de change entre l’euro et les autres monnaies est un « déterminant fondamental » qui pèse sur l’évolution des prix. nnIl a effectivement rappelé que les changes étaient une variable économique « fondamentale » qui ont un impact sur les importations, les exportations, « l’inflation et la déflation importés ». Dans ces conditions, le rôle de la Banque centrale européenne est essentiel. D’après ses prévisions, l’inflation devrait se limiter à 1,3% en 2022, mais à l’heure actuelle le risque de déflation est toujours minimisé… Même si la BCE s’en inquiète.


